Bouclier sanitaire : Roselyne Bachelot émet des réserves

Dans un entretien au Quotidien du médecin (pages 2 et 3), la ministre de la Santé fait part de ses "réserves" sur le "bouclier sanitaire". Ce dispositif "prend en compte les tarifs opposables et non les dépassements d’honoraires. Cela pose des problèmes quand on sait que les dépassements d’honoraires peuvent être un frein à l’accès aux soins", explique Roselyne Bachelot. "Il y a un certain nombre de difficultés à régler. Ces questions ne sont pas insolubles, mais elles sont posées", ajoute-t-elle.

Faut-il remettre en cause le secteur 2 ? Pour la ministre de la Santé, "le secteur 2 est viable à condition que la notion de tact et mesure ne soit ni un vœu pieu, ni un carcan technocratique. Je ne suis pas dans une démarche d’encadrement, mais j’en appelle à la responsabilité de tous". "Il faut combattre efficacement ces dérapages. Les Etats généraux de l’organisation des soins aborderont certainement ce sujet", ajoute-t-elle.

Concernant le projet de loi sur la modernisation de la santé, qui devrait être présenté cet été, la ministre précise que ce texte s’articulera autour de quatre grands chapitres : les soins de premier recours, les agences régionales de santé (ARS), l’hôpital et la santé publique. Pour elle, la mise en place des ARS "sera la plus grande réforme administrative depuis vingt-cinq ans". Roselyne Bachelot se prononce pour un "périmètre large" de ces futures entités régionales, "avec la médecine de ville, l’hôpital et le médico-social". "Je veux également que la santé publique soit territorialisée, régionalisée dans certains domaines comme celui de la prévention."

Pour l’hôpital, Roselyne Bachelot préconise des règles de gestion et de gouvernance "rénovées". "La notion d’établissement de territoire" est essentielle à ses yeux pour "permettre à l’hospitalisation publique d’assurer un maillage territorial et de mutualiser les ressources, ce qui signifie des regroupements, mais pas de fermetures d’hôpitaux".

L'automédication en hausse
Le secteur de l’automédication a vu sa "dynamique renforcée" en 2007, selon une étude réalisée pour l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), publiée hier. En effet, les ventes de médicaments achetés sans ordonnance ont progressé de +4,4% en valeur l’an dernier, précise le quotidien Les Echos (page 17). Cette croissance s’explique, en partie, par une "forte pathologie hivernale", qui a poussé les patients à recourir à l’automédication pour les rhumes, maux de gorge et autres états grippaux, souligne Le Monde (page 12). L’Afipa affirme que les prix sont restés globalement stables. Ils n’auraient pas augmenté de plus de +0,3% en 2007, ce qui porterait le prix moyen d’une boîte de médicament à 4,56 euros.

Toutefois, le déremboursement de certains produits au 1er janvier s’est aussi traduit par des dérapages sur les prix. Ainsi, la Fédération des syndicats pharmaceutiques français (FSPF) a jugé abusive l’augmentation du veinotonique Daflon® (+33%) et de l’antitussif Pneumorel® (+294%), rappelle Le Monde. Aujourd’hui, notent Les Echos, les laboratoires misent sur le passage en accès direct de certains médicaments dans les pharmacies pour stimuler ce secteur. Les dix premières marques de médicaments vendus en automédication représentaient près de 19% du marché en 2007. Les quatre premiers sont l’anti-inflammatoire Nurofen®, le décongestionnant Humex®, l’hypnotique Donormyl® et l’antibactérien Strepsil®.

John Sutton