Bataille pour le Conseil économique, social et environnemental

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), assemblée consultative de 233 membres, élira son président début novembre, rappellent Les Echos (page 5). D'ores et déjà, deux candidats se sont déclarés officiellement et un autre pourrait se mettre sur les rangs.

A 72 ans, le président sortant, Jacques Dermagne, est candidat à sa propre succession, après deux mandats. De son côté, Jean-Pierre Davant, a annoncé la semaine dernière sa candidature à la présidence du Cese. "Les hommes politiques disposent déjà de deux assemblées. Il me semble normal que l'assemblée représentative de la société civile soit présidée par l'un de ses membres", explique le président de la Mutualité Française dans Les Echos.

Autre candidature, officieuse celle-là, mais qui semble avoir le soutien de l'Elysée, celle de Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, maire UMP de Bapaume (Pas-de-Calais) et ancien ministre de la Fonction publique. "S'il plaît au patronat, les syndicats ne lui sont pas hostiles, loin de là", estiment Les Echos, désignant plus loin la CFTC et Force ouvrière. Jean-Paul Delevoye n'est pas membre du Conseil économique et social, mais pourrait être choisi parmi les quarante personnalités qualifiées que doit nommer le gouvernement et dont la liste est attendue au prochain Conseil des ministres.

Cette politisation de la troisième assemblée n'est pas du goût du président de la Mutualité Française. "Déjà que le Cese n'a pas bonne presse, là on l'achève", estime-t-il dans Les Echos. Pour Le Journal du dimanche (page 12), une chose est sûre : Jean-Pierre Davant n'a pas l'intention de "rester sur le banc de touche".

Retraites : semaine décisive
"Simple étape incontournable d'un rituel bien huilé, (...) ou début d'un conflit plus radical comme en rêvent les organisations syndicales les plus impatientes ?", interroge La Tribune (pages 4 et 5) à propos de la nouvelle journée d'action de demain contre la réforme des retraites. Plus encore que sur l'ampleur des cortèges, le regard des observateurs se portera sur la reconduction possible de la grève dans certains secteurs, notamment les transports. Comme l'indique le quotidien économique dans son titre, nous entrons dans "la semaine où tout va se jouer", à peu de chose près la même formule que celui du Figaro : "Retraites : la semaine où tout se joue."

L'examen de la réforme est dans sa dernière ligne droite. Vendredi soir, les sénateurs ont adopté le passage de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ. "On n'a pas le droit d'abolir l'histoire", a protesté à cette occasion le sénateur socialiste Pierre Mauroy, Premier ministre lors de l'abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans. "On ne peut effacer comme ça, en passant, la loi la plus importante peut-être de la Ve République", a-t-il déclaré, rapporte Le Monde de dimanche/lundi (page 9). L'examen du report de 65 à 67 ans de l'âge de départ à taux plein, doit se poursuivre aujourd'hui.

Selon François Chérèque, leader de la CFDT, "c'est une des dernières occasions de faire reculer le gouvernement". Il mise davantage sur les cortèges que sur les grèves, "la grande majorité des salariés" n'ayant "pas les moyens de se payer des grèves à répétition" (Les Echos). De son côté, le conseiller social du président, Raymond Soubie, a exclu, vendredi sur RTL, toute possibilité d'évolution de la position du gouvernement sur les mesures d'âge et l'équilibre financier de la réforme, note Le Monde de dimanche/lundi.

Selon Jean-François Copé (UMP), "l'arbitrage" sur la réforme doit se faire à l'occasion de la présidentielle de 2012 et non pas dans la rue. "On se heurte à des manifestations, c'est bien naturel", mais "on a un devoir de gouvernement", a fait valoir le ministre du Travail, Eric Woerth.

Cette fermeté affichée a poussé certains syndicats à durcir leur position en déposant ces derniers jours des préavis de grève reconductibles dans plusieurs secteurs (énergie, chimie, agroalimentaire…) ou entreprises (SNCF, RATP, La Poste, France Télécom, Total…).

Selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui (page 2), 69% des Français soutiennent la journée d'action de demain et 61% sont favorables à une poursuite du mouvement.
John Sutton