Bactérie tueuse : le soja soupçonné

Après la fausse piste du concombre espagnol, les soupçons se portent désormais sur des graines germées vendues par une entreprise de jardinage du Nord de l'Allemagne comme vecteur de transmission de la bactérie Eceh, qui a fait 22 morts en Europe, rapportent Les Echos (page 22). La preuve définitive n'en a pas encore été apportée, a déclaré Gert Lindemann, ministre de l'Agriculture du land de Basse-Saxe, où est implantée cette entreprise. Mais "les présomptions sont toutefois si fortes que nous devons recommander aux consommateurs de renoncer pour l'instant à la consommation de graines germées", a-t-il expliqué, selon Les Echos.

La Commission européenne a indiqué hier soir que l'Allemagne devrait prochainement lancer un avertissement via le système européen d'alerte rapide. Il ne s'agit pas à ce stade d'une véritable alerte européenne portant sur des lots spécifiques, comme cela avait été le cas à propos des concombres espagnols, a précisé Frédéric Vincent, porte-parole en charge des questions de santé.

Plusieurs pistes ont été évoquées ce week-end par la presse allemande concernant l'origine de la contamination, dont celle d'un restaurant à Lübeck, dans le Schleswig-Holstein, dont dix-sept clients sont tombés malades. Les légumes ont été rapidement soupçonnés par les scientifiques et les autorités sanitaires d'être le vecteur de la maladie, et plus particulièrement des concombres en provenance d'Espagne, qui ont finalement été mis hors de cause.

Hier, certains scientifiques ont également émis l'hypothèse que la bactérie pouvait provenir des centres de production de biogaz, nombreux en Allemagne. Hasard du calendrier, soulignent Les Echos, les ministres de la Santé se retrouvent aujourd'hui à Luxembourg et discuteront des moyens à mettre en commun pour faire avancer l'enquête sur la bactérie Eceh.

L'épidémie va-t-elle régresser ? "Le pic épidémique semble derrière nous", estime, dans un entretien à Libération (page 17), François-Xavier Weill, responsable du Centre national de référence E.coli à l'Institut Pasteur. Quel est le niveau de risque en France ? "Nous n'avons que dix cas, et aucun ne présente un syndrome hémolytique et urémique (SHU), la complication grave à l'origine des décès, explique l'épidémiologiste. Tous les cas français et européens sont liés à des voyages en Allemagne."

Quelles sont les précautions à prendre ? "Il suffit de se laver les mains avant de manger, après être allé aux toilettes et après avoir touché des animaux. Laver les légumes. Ne pas boire d'eau non contrôlée", recommande François-Xavier Weill.

ISF : faible contribution de l'assurance-vie
Le collectif budgétaire supprimant le bouclier fiscal et allégeant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), examiné à partir d'aujourd'hui par les députés, ne "demande plus aucun effort" à l'assurance-vie, souligne le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez, notent Les Echos (page 4). Dans l'hypothèse d'une suppression de l'ISF, le gouvernement avait indiqué vouloir trouver 1 milliard d'euros de financement sur l'assu­rance-vie, soit le montant qu'elle rapporte aujourd'hui au titre de l'ISF. "La mobilisation du secteur aura finalement permis au produit-phare de l'épargne des Français de faire basculer les besoins de financement (1,1 milliard d'euros) sur les droits de mutation ou les contrôles fiscaux", soulignent Les Echos, pour qui l'assurance-vie est "la grande gagnante de la réforme de l'ISF". Sa seule contribution nouvelle devrait être in fine le relèvement de 20 à 25% de l'imposition des produits d'assurance-vie transmis au décès du souscripteur, pour un rendement estimé à 40 millions d'euros.

John Sutton