Autorisation de mise sur le marché : l’autorité sanitaire américaine fixe de nouvelles règles

Désormais, signale Le New-York Times, les laboratoires pharmaceutiques devront intégrer un nouveau critère aux essais cliniques effectués sur leurs médicaments : le risque suicidaire.

Selon Les Echos (page 24) qui rapportent l’information, cette initiative a été prise à la demande de la Food and Drug Administration (FDA). L’autorité sanitaire américaine a en effet "récemment adressé des courriers aux laboratoires" afin qu’ils observent les potentielles idées suicidaires des sujets qui expérimentent leurs produits. Cela concerne des molécules agissant dans des domaines aussi variés que l’obésité, la dépression, le sevrage tabagique, l’incontinence urinaire ou encore l’épilepsie.

Cette nouvelle contrainte avant l’homologation et la commercialisation d’un médicament intervient quelques mois après l’échec retentissant du rimonabant aux Etats-Unis. Ce médicament anti-obésité du laboratoire français Sanofi-Aventis, commercialisé en France sous le nom de marque Acomplia®, a en effet subi quelques déconvenues en juin 2007, rappelle Le Figaro (page 13).

Sa demande d’autorisation de mise sur le marché américain a alors été refusée par la FDA. "Quatre suicides, des troubles de l’humeur, des idées suicidaires et des phobies soudaines avaient effrayé le comité scientifique", rapporte Le Figaro.

Cette "affaire" a donc poussé l’agence fédérale à contacter la plupart des industriels pour leur annoncer de nouveaux critères sélectifs. L’échelle de Posner, du nom de sa créatrice, permet d’y parvenir. Cette mesure graduée de 1 à 10 a été créée afin de détecter les comportements suicidaires et les idées "noires" d’enfants et d’adolescents soumis à des antidépresseurs.

Dans le cas du rimonabant, l’échelle de Posner a montré que "le produit doublait le risque de symptômes suicidaires", d’où le refus de sa commercialisation aux Etats-Unis. De plus, ce médicament de Sanofi-Aventis n’est pas le seul à subir le même sort. Un autre traitement anti-obésité du laboratoire concurrent Merck a également montré un "surrisque de même nature", indique Le Figaro. "Il faut dire que c’est une nouvelle cible cérébrale utilisant des récepteurs dits “endocannabinoïdes” que vise cette classe de molécules, dont on ne sait à peu près rien", poursuit le quotidien.

LA FDA a donc décidé de réagir face à ces inconnues. La France semble pour le moment adopter moins de précautions. La Dre Kelly Posner déclare au Figaro avoir du mal à convaincre ses homologues de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) de l’intérêt de son échelle…

Fonctionnaires : faible mobilisation
La mobilisation des fonctionnaires en faveur de l’augmentation de leur pouvoir d’achat semble s’essouffler, indique la plupart de vos journaux. Même si les cortèges qui ont défilé hier étaient "particulièrement fournis en enseignants", signale Le Figaro (page 23), les agents de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, des impôts, de l’équipement ou encore les agents territoriaux, réclamaient eux aussi "une hausse du point d’indice (...) et un rattrapage pour les six années passées". Egalement sur la liste des revendications, mais cette fois pour le personnel hospitalier, "la question des arriérés d’heures supplémentaires, en cours de négociation".

Cette faible mobilisation s’inscrit dans un contexte où l’avenir des fonctionnaires semble pourtant bien menacé, déplore Libération (page 12). En effet, en 2008 le gouvernement "accentue la pression", indique le quotidien. "Pour la seule fonction publique d’Etat, – soit 1% de l’effectif total – et sans doute davantage dans les prochaines années", 23.000 suppressions de postes sont envisagées.

Le gouvernement affiche de surcroît sa fermeté. La journée d’action d’hier a été qualifiée de "totalement inutile" par le ministre du Budget et de la Fonction publique, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 5). Eric Woerth envisage de proposer, le 18 février, une augmentation du point d’indice. "Mais seulement pour 2008"…

Frédéric Lavignette