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Autonomie : les pistes pour combler le retard

Les pouvoirs publics disposent depuis hier de trois rapports (prévention, exemples étrangers et adaptation de la société au vieillissement) pour mettre au point leur réforme de la prise en charge de la perte d’autonomie. "Le gouvernement va engager un travail interministériel pour l’élaboration du projet de loi […] qui sera prêt d’ici à la fin de l’année", a confirmé hier le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Alors que "certains pays comme le Japon ou l’Allemagne sont engagés dans cette voie de longue date", en France, "tout reste à faire", estime Le Monde (page 2), qui note que ces trois rapports "soulignent l’urgence d’une politique pour les très âgés, au-delà de son seul financement".

De fait, des "mesures simples" pour améliorer les pratiques des professionnels en contact avec les personnes âgées peuvent être prises "avec des financements qui existent déjà", assure le gériatre Jean-Pierre Aquino, auteur du rapport sur la prévention de la dépendance, rapportent Les Echos (page 4). Parmi ces mesures figurent l’activité physique, une meilleure alimentation, l’entretien de la mémoire, le repérage précoce des fragilités en améliorant la consultation de prévention pour les personnes de plus de 65 ans, énumère Le Monde.

La prévention est la grande oubliée en France. "Notre système de soins est extrêmement tourné vers le curatif », observe Jérôme Guedj, responsable des personnes âgées à l’Association des départements de France (ADF). « On pourrait imaginer un mécanisme instaurant un pourcentage de dépense préventive pour toute dépense curative."

De son côté, Martine Pinville, députée socialiste de Charente, a été chargée d’étudier les expériences étrangères. "Par exemple, au Québec, nous avons visité un immeuble où vivaient des personnes de tous les âges, mais où un étage entier était occupé par des personnes dépendantes et un autre par des personnes âgées, mais encore valides", témoigne-t-elle dans La Croix (page 10).

Le rapporteur Luc Broussy, conseiller général du Val-d’Oise, a travaillé pour sa part sur l’adaptation des logements et des transports au vieillissement. Il propose que les documents d’urbanisme définissent des "zones propices au vieillissement", où serait appliqué un quota de 20 % de logements adaptés pour toute nouvelle construction, souligne Le Monde. "Il existe déjà des “quartiers intelligents” à Rennes, tandis qu’à Angers de nombreux logements ont été complètement réaménagés", précise Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, dans un entretien au Parisien/Aujourd’hui (page 10).

Luc Broussy recommande également de généraliser le "diagnostic habitat-mobilité" à 75 ans, qui "permettrait à chaque senior d’évaluer les conditions d’adaptation de son logement", écrivent Les Echos. Il prône, par ailleurs, la création de "maisons départementales de l’autonomie, qui auraient vocation à être un guichet unique d’information et d’orientation pour les personnes âgées et leurs familles" qui souhaitent se renseigner sur "les aides existantes, l’adaptation du logement, les maisons de retraite, les aides à domicile…", poursuit La Croix.

Son rapport rappelle aussi que la prise en charge des personnes âgées représentera, d’ici à 2020, 350 000 emplois d’aides à domicile, aides-soignantes et infirmières. Il promeut enfin la création d’une "filière industrielle" des "gérontechnologies", comme la téléassistance et la domotique, encore peu répandues en France.

Branche famille : 2,2 milliards d’économies à réaliser
Dans un rapport qui sera examiné jeudi, le Haut Conseil de la famille (HCF) a chiffré à 2,2 milliards d’euros le "besoin de financement" de la branche famille de la Sécurité sociale, notent Les Echos (page 3). Le HCF a été chargé par le Premier ministre de proposer une réforme des prestations familiales, afin de ramener la Caisse d’allocations familiales (CAF) à l’équilibre, à l’horizon 2016.

"Un jeu d’enfant", estime avec impertinence l’éditorialiste des Echos, Jean-Francis Pécresse (page 7), le déficit de cette branche étant "le moins élevé de tous, loin derrière ceux des retraites et de l’assurance maladie".

Outre la réduction des déficits, le gouvernement souhaite profiter de cette réforme pour mieux cibler les aides versées aux ménages les plus modestes. Il examine d’ores et déjà plusieurs pistes qui mettraient à contribution les plus aisés, soit par un nouvel abaissement du plafond du quotient familial, soit par la division par deux des allocations familiales au-delà d’un certain seuil de revenus.

En effet, si certaines prestations familiales sont versées aux ménages dont les ressources ne dépassent pas un certain plafond, les allocations familiales, allouées à partir du deuxième enfant (127,05 euros par mois) sont en revanche universelles. Elles bénéficient à tous, quels que soient les revenus. Un caractère d’universalité que le gouvernement souhaiterait conserver, souligne le quotidien.
John Sutton