Autonomie : le paradoxe du financement

Le financement de la perte d'autonomie se trouve confronté à un véritable paradoxe. D'un côté, l'augmentation croissante du nombre de personnes dépendantes réclame un important effort dans la création de places en établissements spécialisés. De l'autre, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) ne saurait que faire de son budget ! Le gouvernement lance donc une mission "pour faire la lumière" sur cette situation contrastée, annonce La Tribune (page 5).

Comme le rappelle la journaliste Véronique Chocron, la CNSA "rassemble principalement les recettes de la journée de solidarité et les crédits de l'assurance maladie destinés aux personnes âgées et handicapées. Or, cet organisme ne parvient pas à consommer la totalité de son budget annuel et affiche tous les ans un solde positif d'environ 500 millions d'euros". En 2008, malgré les dépenses réalisées en faveur des personnes âgées, le cumul de ces excédents atteindra les 2 milliards d'euros.

Pour mettre un terme à cette sous-utilisation des crédits qui "entame la crédibilité des plans lancés", le gouvernement engage donc une mission visant à analyser les causes de ces excédents et à les prévenir. Menée conjointement par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et par l'Inspection générale des finances (IGF), cette investigation devra rendre ses conclusions définitives au mois de juin.

Ces résultats seront publiés "en même temps que les travaux relatifs à la mise en place du cinquième risque [de protection sociale] afin d'en alimenter les réflexions", indique la lettre de mission. Les options choisies seront alors programmées dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) de 2010.

Obésité : la taxe pour solution ?
Selon les calculs de chercheurs américains, il ne fait aucun doute que les sodas et autres boissons sucrées sont à l'origine de l'obésité des enfants. En effet, rapporte Le Figaro (page 13), 90% d'entre eux boivent tous les jours des sodas et autres boissons sucrées pour des quantités caloriques qui représentent plus de 10% de leur apport quotidien.

Deux experts américains ont par conséquent lancé un appel, hier, sur le site de la revue The New England Journal of Medecine. Ils proposent que soient taxées les boissons sucrées qui, sur le plan nutritionnel, ne servent à rien. "Au cours des dix dernières années, la consommation de boissons sucrées a fait un bond de 30% aux Etats-Unis, dépassant pour la première fois celle du lait. Pour chaque verre de soda sucré en plus, le risque de devenir obèse pour un enfant augmente de 60%", expliquent-ils. Selon un travail scientifique qu'ils mentionnent, "chaque augmentation de 10% du prix des canettes (permettrait de réduire) de 7,8% la consommation".

En France, une telle taxation est-elle concevable ?, s'interroge alors Le Figaro. Selon le quotidien, il n'existe pas de données hexagonales permettant d'établir une corrélation certaine entre la consommation des boissons sucrées et les 19% d'enfants obèses. Pour Jean-Michel Oppert, professeur de nutrition à l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris, la taxation est donc "une démarche compliquée, de dernier recours". Dans un premier temps, il préfère opter pour "une régulation, sur la base du volontariat".

Frédéric Lavignette