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Assurance maladie : plaidoyer sur fond d’inquiétude

"Alors que le gouvernement de François Fillon a beaucoup pointé les insuffisances de la loi de 2004 et lancé de multiples chantiers", le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) s’est livré hier "à un long plaidoyer des effets du plan Douste-Blazy-Bertrand", expliquent Les Echos. Selon Frédéric Van Roekeghem, cette réforme a permis un "redressement financier majeur" et a eu un "réel impact" sur les comportements.

Sur le plan financier, contrairement à l’objectif de la loi de 2004, l’équilibre n’est pas atteint. Comme l’a indiqué en début de semaine la Commission des comptes de la Sécurité sociale, le déficit de la branche maladie a été de 4,6 milliards d’euros en 2007. Une amélioration par rapport en 2006 (- 5,9 milliards) en raison d’une augmentation des recettes.

Selon la Cnam, "la maîtrise médicalisée pour inciter les médecins à moins prescrire, les actions en faveur des génériques, le forfait 1 euro, le parcours de soins, la baisse de prix des médicaments, les déremboursements ou la lutte contre la fraude auraient permis de réaliser, fin 2007, 5,7 milliards d’euros d’économies", rapporte La Tribune (page 23).

Dans le détail, énumère Le Figaro (page 18), 82% des assurés ont un médecin traitant, "même s’il y a encore des progrès à faire, notamment en Ile-de-France". En outre, la consommation d’antibiotiques diminue et celle des génériques augmente. Frédéric Van Roekeghem a également signalé que les arrêts de travail ont connu une forte diminution depuis 2003, entraînant une économie cumulée de 3,6 milliards d’euros.

Comme l’expliquent Les Echos, cette "prise de position" du directeur de la Cnam intervient à un moment inconfortable pour l’assurance maladie. En effet, "le rôle clef de l’assurance maladie dans la gestion et la maîtrise des dépenses […] est remis en question par la création des agences régionales de santé". "Voilà pourquoi Frédéric Van Roekeghem insiste sur les acquis d’une réforme", qui a renforcé le rôle de l’assurance maladie dans la gestion du risque, analyse ce quotidien.

Vieillir en bonne compagnie

L’Institut national d’études démographiques (Ined) publie aujourd’hui les résultats d’une enquête européenne intitulée : "Comment les personnes dépendantes seront-elles entourées en 2030 ?" C’est la première fois qu’une étude s’est intéressée non pas à l’augmentation croissante du nombre de personnes âgées […] mais au contexte familial dans lequel ces hommes et ces femmes âgées vont évoluer ", constate La Croix (page 2).

Les premières conclusions montrent que l’isolement des personnes âgées devrait diminuer d’ici à 2030, notamment grâce à l’augmentation de l’espérance de vie. Selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 13), 9% des femmes de plus de 85 ans vivent aujourd’hui avec leur compagnon. En 2030, elles seront 22%. " Au total, 31% des personnes dépendantes vivront en couple, contre 16% aujourd’hui ", observe ce quotidien.

Côté population, indique La Croix, "en 2020, on devrait recenser 4 millions de Français âgés de 80 ans et plus, soit 80% de plus qu’en 2000". Le nombre des personnes dépendantes devrait augmenter en moyenne de 1% par an jusqu’en 2040 pour atteindre, à cette date, entre 1,1 et 1,5 million de personnes. Pour faire face à ce vieillissement attendu de la population, de nouveaux emplois de services à la personne sont actuellement développés. Mais les pouvoirs publics ont du mal à les rendre attractifs, déplore La Croix.

Frédéric Lavignette