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Assurance maladie : 2,5 milliards d’euros d’économies en 27 propositions

En 27 propositions, l'assurance maladie a dévoilé hier un plan d'économies qui vise à limiter les dépenses en 2014. Il sera examiné demain par le conseil de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et repose essentiellement sur les industries de santé.

L'ambition de ce plan est de réaliser 2,5 milliards d'euros d'économies sur les dépenses de santé remboursées prévues l'an prochain. Dans ce but, prévient Le Monde (page 7), la Cnam suggère "de faire d'abord des économies sur les laboratoires et les fabricants de matériels médicaux". L'assurance maladie vise en particulier un médicament, écrivent Les Echos (page 3) : le Crestor®.

Cet anticholestérol commercialisé par le laboratoire britannique AstraZeneca est encore très fréquemment prescrit en France, alors que quatre génériques moins chers existent dans cette même catégorie. La Cnam propose donc "d'aligner le prix du Crestor® sur celui des génériques, soit une réduction de 57%". L'économie dégagée pourrait s'élever à 250 millions d'euros, sur les 900 millions d'économies envisagés sur le poste médicament.

Les anticoagulants oraux de nouvelle génération, comme le Pradaxa® et le Xarelto® "sont également dans le viseur", ajoute le quotidien économique. L'assu­rance maladie s'étonne en effet de la "progression très forte" de leur prescription alors qu'ils sont vendus six fois plus cher que les traitements les plus anciens et peuvent représenter des risques sanitaires pour les sujets âgés.

Selon Le Figaro (page 17), les industriels du médicament ne devraient pas voir ces annonces d'un bon œil. D'autant que l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient d'indiquer que les ventes de médicaments ont reculé en valeur et en volume en 2012.

D'autres postes sont également concernés par le plan d'économies. En matière de transports sanitaires, celui-ci préco­nise ainsi "l'usage du véhicule personnel" pour ceux dont l'état de santé le permet. Quant aux arrêts de travail "prescrits par les médecins après certaines opérations", la Cnam les juge trop longs et trop variables d'une région à l'autre. En respectant mieux les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), estime-t-elle, on pourrait économiser 70 millions d'euros.

Une baisse de certains tarifs de professionnels de santé, une meilleure maîtrise médicalisée, une lutte renforcée contre la fraude ou encore des économies dans le secteur hospitalier seront également plus que nécessaires pour contenir les dépenses d'assurance maladie. Le gouvernement envisagerait en effet de limiter leur progression à 2,4% l'an prochain au lieu des 2,6% envisagés, croient savoir Les Echos. L'entrée en vigueur du crédit d'impôt pour la compétitivité emploi (Cice) bénéficiant aux cliniques et professionnels de santé qui emploient des salariés, "il serait donc logique d'en tenir compte en limitant un peu plus la progression des dépenses", confie au quotidien économique un conseiller gouvernemental.

Les plus de 70 ans se disent heureux
"Selon vous, qu'est-ce qui vous a prioritairement aidé à préparer votre vieil­lesse ?" Telle est l'une des questions posées par ViaVoice à un échantillon de personnes âgées dans l'enquête d'opinion de l'Obser­vatoire de la révolution de l'âge.

Publiés hier, les résultats de cette enquête commandée par Le Monde (page 8), Harmonie mutuelle et France 2, laissent apparaître en premier lieu que 89% des sondés sont heureux. En outre, 76% des plus de 70 ans ont le sentiment de s'être bien préparés à la vieillesse. Pour 42% d'entre eux, la famille les y a aidés au mieux, suivie de leur médecin (25%) et de leur mutuelle pour 17% des personnes interrogées.

Pour 55% des personnes interrogées, la prise en charge des personnes âgées doit revenir aux pouvoirs publics, contre 23% qui considèrent au contraire que c'est à la personne âgée elle-même de l'assurer avec ses propres ressources. En la matière, 59% estiment que cette prise en charge financière, médicale et sociale par les pouvoirs publics est insuffisante.

Logiciel inquiétant à l'hôpital
Une menace semble planer sur les patients des hôpitaux. C'est en tout cas, ce qu'affirme Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), sous le titre inquiétant "Mort sur ordonnance", en évoquant les erreurs médicales dont des logiciels d'aide à la prescription seraient la cause. En novembre 2011 à l'hôpital de Versailles (Yvelines), une patiente a en effet reçu de l'amoxicilline, un antibiotique auquel elle était allergique et qui a entraîné son décès. Pourtant, cette allergie était spécifiée dans le dossier médical.

Selon les experts médicaux de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI) des accidents médicaux d'Ile-de-France, qui ont rendu public leur rapport le 4 mars dernier, cette allergie ne pouvait être signalée dans le logiciel d'aide à la prescription de l'établissement hospitalier, car "l'information al­lergie ne peut être intégrée et connectée à une prescription afin de générer une alerte". Dans son enquête, Le Parisien/Au­jourd'hui fait état d'autres défaillances ou dysfonctionnements de ce type dans d'autres établissements hospitaliers.

Frédéric Lavignette