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Appel à la mobilisation nationale de cinq syndicats de salariés

"Les syndicats sont de retour avec dans leur viseur le plan d’austérité du gouvernement."Comme l’indique Le Parisien/Au­jourd’hui (page 7), cinq des partenaires sociaux (CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires) ont lancé un appel à la mobilisation pour demain, prévoyant 200 manifestations dans toute la France.

Le plan de rigueur de 12 milliards d’euros du gouvernement est, à leurs yeux, "injuste et inéquitable", en particulier le doublement de la taxe sur les contrats responsables et solidaires des complémentaires santé. Pour eux, indique le quotidien, en renchérissant inévitablement les cotisations des mutuelles, cette me­sure "va aggraver les inégalités de soins". Un argument que reprend le secrétaire général de la CGT dans un entretien à La Tribune (page 4).

Alors qu’un sondage "montre qu’un ménage sur trois se prive de soins pour des raisons économiques, observe Bernard Thibault, le gouvernement ponctionne (…) de 1,2 milliard d’euros les complémentaires santé, donc les mutuelles".

Pour le représentant de la CGT, les hausses de TVA annoncées sont un autre motif de grogne, car elles vont à l’encontre de ce que revendique l’organisation syndicale depuis des années : "Une remise à plat de tout le système fiscal – de l’impôt sur les sociétés en passant par le financement de la protection sociale", rappelle Bernard Thibault.

Selon lui, le coût de la protection so­ciale va inévitablement augmenter. "La question est de savoir si cela se passera dans un cadre collectif autour de la Sécurité sociale ou si, au contraire, ce sera à chacun de se débrouiller avec une dose d’assurance privée".

Parmi les motifs de mécontentement des syndicats figure également la suppression des exonérations des heures supplémentaires, note Le Parisien/Au­jourd’hui. L’intersyndicale demande également un déploiement de mesures de soutien au pouvoir d’achat, "notamment des plus bas revenus", ainsi que l’instauration d’une taxe sur les transactions financières puisque la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus est, selon elle, trop "symbolique".

Quelques perturbations du trafic des transports sont donc à attendre, même si un service minimum est envisagé. Ce­pendant, rapporte le journal, "on est prudent côté syndical"sur le succès de ce mouvement. La CGT estime qu’"il peut y avoir ça et là des débrayages mais rien de massif". Surtout que la CFDT n’a pas appelé les salariés à faire grève…

Kinés : négociations en cours
Le projet d’accord soumis par l’assurance maladie aux kinésithérapeutes pourrait ne pas être signé par leurs syndicats représentatifs. Selon Les Echos (page 4), ce texte vise à réguler la répartition des 55.000 praticiens sur le territoire en échange d’une revalorisation de leurs tarifs. En effet, indique le quotidien économique, "la densité varie de 1 à 4 selon les départements. On compte moins de 60 professionnels pour 10.000 habitants dans l’Indre ou dans le Maine-et-Loire, ce qui pose des problèmes d’accès aux soins pour les patients. A l’inverse, il y en a plus de 200 pour 100.000 personnes dans l’Hérault ou les Hautes-Alpes". Dans ces départements sur-dotés où la concurrence est acharnée, les kinés multiplient donc les actes, ce qui est très coûteux pour la Sécurité sociale.
L’accord que propose l’assurance maladie est calqué sur celui qui a été négocié avec les infirmières en 2009. Ainsi, dans les régions sur-représentées "les kinés ne pourront s’installer que s’ils reprennent la clientèle d’un confrère qui part en retraite ou quitte la région".

Au contraire, dans les régions où il manque des professionnels, la Cnam propose une enveloppe de 3.000 euros par an pendant 3 ans pour financer chaque installation et la prise en charge des cotisations sociales. Une revalorisation de 5 % des tarifs des actes remboursés est également envisagée, ainsi qu’une hausse de l’indemnité de déplacement.

Au nom de la liberté d’installation, certains syndicats hésitent. Ainsi, Alain Bergeau, président du FFMKR, s’interroge : "Faut-il être pragmatique en temps de crise et se satisfaire de ces revalorisations, certes insuffisantes ? Ou bien les refuser au nom du principe de liberté d’installation ? Ce sont nos adhérents qui décideront."Certainement lors de la prochaine réunion des différentes instances syndicales, à la fin du mois.
Frédéric Lavignette