Appel à la grève pour défendre la retraite à 60 ans : journée test

Assurément, le ministre du Travail sera très attentif aux scores réalisés par les diverses manifestations qui vont défiler aujourd'hui. Alors qu'Eric Woerth vient de dévoiler "noir sur blanc" son intention de repousser l'âge légal de la retraite, six organisations syndicales (CGT, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFTC) ont appelé à la grève pour défendre le maintien de la retraite à 60 ans, indique Le Figaro (pages 3 et 19).

"A l'évidence, note Le Parisien/Aujour­d'hui (pages 2 à 4), ce jeudi d'action est un test tant pour le gouvernement, qui entend désormais avancer de façon décisive sur sa réforme des retraites que pour les syndicats." Si la mobilisation est élevée, poursuit La Tribune (pages 2 à 4), les syndicats pourront "espérer peser" sur les négociations à suivre.

Quelle que soit l'issue de cette manifestation, estime néanmoins François Chérèque, l'exécutif devrait se méfier. Dans un entretien aux Echos (page 2), le secrétaire général de la CFDT estime que lorsque les salariés prendront conscience des conséquences de la réforme, "ils réagiront".

Pour lui, le recul de l'âge de départ à la retraite est "une réforme pour cadres supérieurs". Elle ne prend nullement en compte les salariés qui "ont eu des travaux pénibles" au cours de leur carrière, explique-t-il. Or, ceux "exposés au travail de nuit, au port de charges lourdes, au bruit ou encore à la pollution ont une espérance de vie inférieure de trois ou quatre ans à la moyenne", fait-il valoir.

Pour cette raison, François Chérèque propose la mise en place d'un "système géré par la branche accidents du travail-maladies professionnelles, financé par une cotisation des employeurs" au lieu de l'approche individualisée et médicale que propose le gouvernement pour ces travailleurs exposés à une forte pénibilité. Face aux inégalités actuelles que le nouveau système de retraites risque d'accentuer, Libération (pages 2 à 4) estime que la révolte semble être la meilleure solution pour "ceux dont le métier est plus dur, moins autonome et moins rémunéré".

Les pharmaciens se dressent contre Internet
A quelques jours de la réunion qui doit se tenir au ministère de la Santé entre Roselyne Bachelot et les représentants de l'Ordre des pharmaciens, la profession réclame un encadrement des pratiques concernant la vente de médicaments sans ordonnance sur Internet, indique La Tribune (page 18).

Pour l'Ordre, souligne Le Figaro (page 17), les nouvelles technologies "doivent être inscrites dans le Code de la Santé publique et chaque site Web doit être rattaché à une officine faite de “briques et de mortier“". En outre, ajoute La Tribune, "beaucoup de questions restent en suspens". L'une d'elles, et non des moindres, concerne le secret professionnel, disposition inconnue sur la toile.

Méthodes contraceptives : toutes remboursées !
Le Planning familial vient de lancer une campagne pour le remboursement de tous les contraceptifs. Dans Libération (page 23), sa présidente, Marie-Pierre Martinet, explique que, sur la dizaine de méthodes contraceptives disponibles, "certaines ne sont pas remboursées", ce qui pose "un vrai problème". Pourtant, note-elle, les textes officiels indiquent que "c'est la contraception qui doit être remboursée". Dès lors, "pourquoi pas toutes" les méthodes ?, s'interroge-t-elle.
Frédéric Lavignette