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Antitabagisme : tollé contre la campagne choc

La polémique autour de la campagne choc contre le tabagisme de l’association Droits des non-fumeurs (DNF) a atteint hier le gouvernement, avec les protestations des ministres de la Santé et de la Famille. En assimilant la dépendance à la cigarette à une fellation sous contrainte, DNF a délibérément choisi la provocation. "Pari gagné côté buzz pour DNF, dont le président, Gérard Audureau, arguait que “les bonnes campagnes sont celles qui choquent“", souligne Libération (page 23).

"Les fleurs et les petits oiseaux ont montré leurs limites dans ce domaine", a déclaré Roselyne Bachelot. "Mais on peut avoir des images chocs, en particulier en ce qui concerne la santé publique, sans avoir ce type de connotation qui peut gêner et être contre-productive", a estimé la ministre de la Santé, citée dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 13). Sa collègue à la Famille, Nadine Morano, va demander son interdiction "au titre de l’outrage public à la pudeur", précise Libération. "Il y a d’autres moyens pour expliquer aux jeunes que la cigarette rend dépendant, au moment où on lutte contre la pédo-pornographie", a-t-elle expliqué au micro de RTL.

De son côté, l’association Familles de France a porté plainte hier, devant le jury de déontologie publicitaire, contre cette campagne, qu’elle juge "ambiguë et déplacée", avec un message "incompréhensible", indique Libé. "Ca va choquer les adultes sans faire peur aux ados", analyse pour sa part l’Office français de prévention du tabagisme, dans L’Humanité (page 10).

Marco de la Fuente, concepteur et diffuseur de la campagne de DNF avoue réfléchir… à son annulation, souligne Le Parisien. Honnêteté ou cynisme ? Le publicitaire ne savait-il pas dès le départ que sa campagne provocatrice ne serait jamais diffusée ? "Avec le buzz déclenché par la polémique, nous avons largement dé­passé nos objectifs en termes de visibilité", avoue-t-il dans Le Parisien.

John Sutton