Antidépresseurs : une réalité déprimante !

"Prenez les quatre antidépresseurs les plus consommés au monde : le Prozac®, le Deroxat®, l'Effexor® et le Serzone®. Eh bien, ils ne seraient pas plus efficaces qu'un placebo !". C'est en tout cas la récente découverte qu'ont faite deux chercheurs en analysant les dossiers d'autorisation de mise sur le marché américain.

Selon le dossier réalisé par L'Express (pages 64 à 76), le succès de certains antidépresseurs ne serait qu'une affaire de communication habilement menée par les laboratoires. Ce qui n'est pas pour surprendre la psychiatre Monique Debauche. Comme elle l'explique dans cet hebdomadaire, la plupart des essais cliniques sur les médicaments sont financés par les firmes pharmaceutiques. "Elles conçoivent les études et sont propriétaires des résultats, qu'elles peuvent laisser dans un tiroir si ça ne leur convient pas ou au contraire utiliser comme outil de promotion."

Comme le note l'hebdomadaire, la consommation des antidépresseurs explose en France : elle a doublé en moins de dix ans et six millions de personnes sont sous traitement, "avec des ordonnances injustifiées dans la moitié des cas". Pourtant, déplore, François Pesty, un ex-directeur des ventes dans l'industrie pharmaceutique, aujourd'hui consultant pour l'assurance maladie, "en 1998, le gouvernement s'était fixé comme objectif de réduire de 10% la consommation d'antidépresseurs en France. (...) L'année dernière, on en a encore remboursé pour 400 millions d'euros".

Grippe A : la fièvre des professionnels de santé
Parce que 197 475 personnes ont été vaccinées contre le virus H1N1 dans la seule journée de mercredi, la France possède un nouveau record, rapporte L'Humanité (page 10). Mais atteindre de tels sommets ne se fait pas sans contrepartie. La colère de certains professionnels de santé est en effet l'un des aspects qui marquent cette campagne de vaccination.

"Après la colère des médecins libéraux, privés de vaccination, le monde hospitalier crie à son tour son désaccord avec la gestion de la grippe A", explique Le Monde (page 6). Le motif de cette grogne porte le nom de "réquisition".

Les internes font ainsi part de leur mécontentement. Certains sont "appelés à vacciner parfois la veille pour le lendemain, loin de leur établissement ou alors qu'ils étaient de garde", explique Le Monde. Ainsi, un interne en chirurgie a été réquisitionné "alors qu'il devait opérer d'urgence"... Le fonctionnement de l'hôpital est ainsi désorganisé, constate la Fédération hospitalière de France (FHF) dans Le Monde. Pour elle, les internes ont pour vocation de soigner les malades et non de vacciner.

Du coup, ces derniers brandissent une menace : "Si les choses ne s'améliorent pas rapidement avec la mise en place de référents pour gérer les plannings, et une limitation des vacations (pour vacciner) à deux semaines, (ils) refuseront de répondre aux réquisitions supplémentaires", prévient le quotidien.

Les conditions de ces réquisitions sont également critiquées par les élèves infirmiers, souligne L'Humanité. "Depuis trois semaines, indique l'un d'eux, nous sommes pris en otage. (...) Cours annulés, examens reportés, école fermée, plus on entre dans cette campagne, plus notre formation est perturbée."

Frédéric Lavignette