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Amendement au PLFSS : les mutuelles à nouveau dans le collimateur

Des députés de la majorité veulent que les mutuelles puisent dans leurs réserves pour ne pas répercuter sur leurs adhérents la nouvelle taxe sur les contrats solidaires décidée par le gouvernement dans le cadre de son plan d'austérité. La députée UMP Valérie Rosso-Debord a annoncé hier qu'un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012 serait déposé la semaine prochaine pour taxer les réserves des mutuelles, rapportent Les Echos (page 4). "Elles ont un mode de gestion patrimonial, qui n'est pas dans l'intérêt de leurs cotisants", a-t-elle assuré. L'amendement devrait être défendu par Sébastien Huyghe, député UMP du Nord.

Interrogé ce matin sur RMC, sur les réserves "excessives" des mutuelles, Etienne Caniard a expliqué qu'elles "ont des réserves parce que c'est une obligation légale". "Je suis extrêmement étonné de cette critique qui arrive soudainement, car les mutuelles sont pratiquement les seuls acteurs économiques à avoir traversé la crise financière sans encourir le moindre reproche", a-t-il ajouté.

"Certaines mutuelles font peut-être preuve de précautions excessives", admet le président de la Mutualité Française, mais, plaide-t-il en substance, "peut-on reprocher aux mutuelles d'avoir une gestion équilibrée au moment où les acteurs publics n'arrivent pas à juguler les déficits et où de nombreuses entreprises du Cac 40 enregistrent des bénéfices records au profit de leurs actionnaires, sans que l'on n'y trouve à redire ?" Etienne Caniard est également interrogé par le quotidien régional Le Télégramme (page 3) sur la taxation des mutuelles et ses conséquences. "C'est une injustice sociale, qui va toucher en particulier les plus défavorisés, alors que l'effort demandé par l'Etat aux plus hauts revenus sera vraiment symbolique", explique-t-il.

Quelles seront les conséquences pour les assurés ? "Le risque est réel de voir les populations fragiles, les personnes les plus malades, les familles modestes, les familles monoparentales, les personnes âgées, s'orienter vers des contrats minimums", craint Etienne Caniard. "Au lieu de se rendre chez son médecin, l'assuré attendra que la maladie ait évolué pour aller se faire soigner aux urgences de l'hôpital. Ce qui coûtera encore plus cher à la collectivité", prévient-il.

C'est contre cette mesure aussi injuste qu'incohérente que les mutuelles de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) appellent aujourd'hui à manifester à Marseille, devant la préfecture, annonce le quotidien régional La Provence, qui titre en "une" : "Mutuelles santé, la taxe de trop". "Nous ne sommes pas une niche fiscale !", sera un des slogans phare de la manifestation, précise le quotidien Var-Matin.

Alzheimer : un train pour informer les malades
Le train expo Alzheimer, lancé à l'initiative de la SNCF et dont la Mutualité Française est partenaire, sillonnera la France, à partir d'aujourd'hui, à l'occasion de la Journée mondiale contre la maladie d'Alzheimer, annonce Le Figaro (page 11). Parti de la gare du Nord à Paris, le convoi rejoindra Metz vendredi, puis Strasbourg, Dijon, Chambéry, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Limoges, Angers, Rennes, Caen, pour finir son périple à Lille, le 6 octobre. Le train sera composé de sept wagons consacrés à la maladie elle-même, la vie au quotidien, l'implication des aidants, la recherche… Des experts feront le point sur le plan Alzheimer 2008-2012 et pourront répondre aux questions des malades et de leurs familles.

Concernant les traitements, il existe actuellement en France quatre médicaments pour traiter la maladie. "Dans le cadre des procédures de réévaluation habituelles, nous avons revu au cours des dernières semaines l'efficacité des médicaments utilisés contre la maladie d'Alzheimer", explique dans Le Figaro (page 11) le Pr Gilles Bouvenot, président de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS). Mercredi dernier, cette commission a rendu un avis, pour l'instant confidentiel, qui rétrograderait le service médical rendu (SMR) de ces médicaments et par voie de conséquence leur taux de remboursement. La revue Prescrire déconseille leur utilisation. "Le SMR est faible, mais pas nul. On ne peut pas dire que ces traitements soient inutiles", nuance la Pre Florence Pasquier du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille. Interrogé par le quotidien La Croix (page 10), Claude Leicher, président du syndicat de médecins généralistes MG-France, estime au contraire que "ces produits n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité". "Aujourd'hui, dénonce-t-il, la collectivité dépense 280 millions d'euros pour les rembourser. On ferait mieux d'utiliser cet argent pour soutenir les aidants familiaux des malades."
John Sutton