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Allocations familiales : verdict ce matin

Le Premier ministre doit lever le voile en fin de matinée sur le scénario retenu pour renflouer les comptes de la branche famille de la Sécurité so­ciale d'ici à 2016. L'objectif étant d'économiser un milliard d'euros dès 2014. "Que se sont dit François Hollande et Jean-Marc Ayrault hier à 18 heures, lors de leur fameux ”coup de fil à un milliard d'euros” ?", interroge Le Parisien/Aujourd'hui (page 2), qui titre à la "une" sur "Ce que va vous coûter la réforme".

Pour Libération (page 14), cela ne fait aucun doute : "Lors d'une ultime réunion avec son Premier ministre hier, François Hollande a tranché en faveur de la solution la moins risquée politiquement : baisser encore le plafond du quotient familial." Ce mécanisme permet aux ménages imposables d'obtenir une réduction d'impôt en fonction de leurs revenus et du nombre d'enfants à charge.

Actuellement, la réduction ne peut excéder 2.000 euros par demi-part : ce plafond pourrait être abaissé à 1.500 eu­ros, soit une économie de 915 millions d'euros, estime le rapport de Bertrand Fragonard, remis en avril.
Cela reviendrait à augmenter l'impôt sur le revenu de 68 euros par mois pour les familles concernées, soit 1,1 million de foyers, précise Libération.

L'autre option, qui avait été privilégiée dans un premier temps, consisterait en une modulation des allocations familiales pour les ménages les plus aisés. Mais elle présente l'inconvénient d'ouvrir une brèche dans le principe d'universalité, sur lequel repose la protection sociale depuis 1945. Si cette piste recueille l'approbation d'une majorité de Français (68% y sont favorables, selon un récent sondage), elle a du mal à passer auprès des associations, des syndicats et bien sûr de l'opposition parlementaire.

"Nous sommes résolument opposés à la modulation. Elle remettrait en cause le principe d'universalité, qui vaut aussi bien pour les allocations familiales que pour l'assurance maladie", explique, dans Les Echos (page 3), François Fondard, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf). "En réduisant le quotient, on fait au moins partager l'effort à toutes les familles aisées", ajoute-t-il.

Quelle que soit la mesure retenue, Jean-François Copé, président de l'UMP, y voit lui aussi "une entaille incroyable au caractère universel de la politique familiale alors qu'elle est efficace", rapporte Le Figaro (page 3).

Parallèlement, le gouvernement entend favoriser les familles les plus modestes, notamment les mères élevant seules des enfants. Le Premier ministre devrait annoncer la revalorisation de deux prestations accordées sous conditions de ressources aux familles monoparentales (allocation de soutien familial) et nombreuses (complément familial), indiquent Les Echos (page 2). De plus, 100 000 nouvelles places de crèche pourraient être créées, d'ici à la fin de quinquennat.

Quatre Français sur dix ont déjà reporté des soins
La majorité des Français (59%) placent leur complémentaire santé au premier rang des produits d'assurance qu'ils souhaitent privilégier en temps de crise, juste avant l'assurance habitation, et loin devant l'assurance décès, selon un sondage Ifop réalisé pour l'assureur Groupama, cité dans Le Figaro-économie (page 25). En janvier, le Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema) soulignait déjà que "la ma­tière assurable n'augmente plus et les consommateurs rognent tant qu'ils peuvent sur leurs dépenses d'assurance", rappelle le supplément économique du Figaro.

Ce sondage confirme également la multiplication des renoncements aux soins. Les Français sont ainsi 41% à avoir déjà annulé ou reporté des soins, jugés mal remboursés. Sans surprise, le dentaire et l'optique sont les premiers touchés par ces restrictions. Pour les sondeurs de l'Ifop, "le niveau de rem­boursement des dépenses de santé par la mutuelle constitue le point crucial, largement déterminant, du jugement que portent les Français sur les complé­mentaires santé". Ce point vient apporter de l'eau au moulin des défenseurs des contrats individuels, selon Le Figaro-économie. Le directeur général de Groupama estime que "la généralisation des collectives va à contre-courant du souhait des Français, qui veulent garder la main sur leur budget de dépenses de santé".

John Sutton