croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Alli® sous le contrôle théorique des pharmaciens

Alli®, la pilule anti-obésité des laboratoires GlaxoSmithKline, est en vente sans ordonnance en pharmacie depuis le 6 mai. Mais sa délivrance est placée sous l'autorité du pharmacien qui doit vérifier le surpoids réel des acheteurs. "Des précautions qui sont importantes, précise la Dre Laure Lechertier, responsable du département médicament à la Mutualité française, mais qui ne sont pas très réalistes. "

Alli ® est dans les rayons des pharmacies depuis le 6 mai. Vendu sans ordonnance, cette nouvelle pilule contre l'obésité des laboratoires GlaxoSmithKline se trouve derrière le comptoir du pharmacien : sa vente n'est donc pas totalement libre. Elle repose sur la responsabilité de ce professionnel de santé.

"Le laboratoire a déclaré avoir formé 9.000 pharmaciens à la délivrance correcte de ce médicament", explique Laure Lechertier, docteure en pharmacie et responsable du département médicament à la Mutualité française. Mais est-ce suffisant ? La France compte 28.168 pharmaciens qui exercent en officine. "Au total, moins d'un tiers d'entre eux ont donc suivi la formation du laboratoire."

Et que penser de son contenu ? Des courriers sur le surpoids et l'obésité, accompagnés d'une fiche d'aide à la dispensation du médicament, ont été adressés par GlaxoSmithKline à l'ensemble des officines. En même temps, 6.500 pharmaciens ont été formés sur Internet ou au téléphone. Enfin, 2.500 autres ont suivi pendant une ou deux heures les conseils des visiteurs médicaux du laboratoire sur la bonne utilisation d'Alli ®, ses effets indésirables, etc.

Une vingtaine de minutes par acheteur
Avant de vendre Alli ®, les pharmaciens doivent, en théorie, calculer l'indice de masse corporelle (IMC) des acheteurs. Cette pilule est réservée aux personnes dont l'IMC est supérieur à 28, donc en réel surpoids, l'obésité commençant à 30. Cet indice est obtenu par le poids divisé par la taille au carré. Autre obligation : les pharmaciens doivent suivre les conseils de la fiche d'aide à la dispensation fournie par le laboratoire.

"Ces précautions sont importantes. Elles permettent de sécuriser la délivrance de ce produit, concède Laure Lechertier. Mais elles ne sont pas très réalistes : rares sont les pharmaciens qui disposent dans la pratique d'une vingtaine de minutes pour vendre une boîte de médicament." Ces professionnels de santé sont également tributaires des informations données par l'acheteur sur son poids et sa taille. Ils ne peuvent pas faire monter leurs clients sur la balance pour vérifier.

"Il vaudrait mieux que les pharmaciens donnent des informations sur la diététique et l'activité physique plutôt que de conseiller la prise de ce médicament qui est d'une piètre efficacité et provoque des troubles digestifs fréquents et gênants, alerte Laure Lechertier.

Enfin, rien n'empêchera les "obsessionnels de la minceur" d'envoyer un de leurs proches avec un réel embonpoint acheter une boîte à leur place. Au risque de déclencher ou d'aggraver un trouble du comportement alimentaire, comme l'anorexie.

Ghislaine Trabacchi