croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Alli® fortement déconseillé contre les kilos en trop après les fêtes

Avec les fêtes de fin d'année, Alli® - la pilule contre l'obésité - risque de faire un tabac. Mais la chasse aux kilos ne doit pas faire oublier que ce médicament, vendu sans ordonnance, est réservé aux personnes qui souffrent d'obésité. Son usage est assorti de nombreuses contre-indications. En dépit de ces mises en garde, Alli® est utilisé de manière inappropriée dans pratiquement un cas sur six, révèle l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé.

Alli®, la pilule contre l'obésité vendue sans ordonnance, est mal utilisée. Son taux de mauvais usage est "de l'ordre de 17%", s'inquiète l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un communiqué adressé à la presse le 17 décembre. Soit pratiquement dans un cas sur six. Commercialisé depuis le 6 mai, Alli® est essentiellement consommé par des femmes (81%) dont l'âge moyen est de 43,7 ans.

Pour quelques kilos en moins, ces utilisatrices ne respectent pas "l'indication" ou ignorent les "contre-indications" du produit, précise l'Afssaps. L'agence rappelle que ce médicament "est indiqué dans le traitement du surpoids" quand "l'indice de masse corporelle est supérieur ou égal à 28kg/m²". En clair, Alli® est réservé aux personnes qui souffrent vraiment d'obésité.

De nouvelles mises en garde
Les restrictions d'utilisation et les précautions d'emploi de la gélule anti-kilos sont nombreuses. Alli® est contre-indiqué pour les jeunes de moins de 18 ans, les femmes enceintes et celles qui allaitent. Il est également déconseillé aux personnes qui souffrent de troubles digestifs, aux patients traités par la ciclosporine, la warfarine ou un autre anticoagulant oral.

L'Agence européenne du médicament (AEM) vient d'émettre de nouvelles mises en garde. Elle recommande dorénavant "de consulter son médecin traitant avant de débuter un traitement par Alli®" en cas de maladie rénale, d'hypothyroïdie substituée par la lévothyroxine et de prise d'antiépileptiques. Enfin, "le risque de survenue d'une inflammation du pancréas (pancréatite) a également été ajouté dans la notice du médicament", signale l'AEM.

Le piège des fêtes de fin d'année
Du 6 mai au 30 septembre 2009, un total de 460.000 boîtes du médicament a été vendu avec "un pic à 60-70.000 boîtes par semaine au moment du lancement puis un déclin et une stabilisation des ventes autour de 10.000 boîtes par semaine depuis le mois d'août", constate l'Afssaps.

Il y a fort à parier que les ventes d'Alli® vont connaître un rebond après les fêtes de fin d'année. Sans régime hypocalorique associé, cette gélule, qui agit comme un laxatif, peut vous clouer aux toilettes. Prise à mauvais escient, elle vous fait courir des risques pour votre santé. Alors qu'une alimentation équilibrée et un peu d'exercice physique suffisent en général à effacer les excès de fin d'année.

Ghislaine Trabacchi