Alcool : interdire la vente aux mineurs ?

"L’alcool est la première addiction chez les jeunes et on constate un changement dans les conduites (...), avec des phénomènes d’alcoolisation massive, brutale", a déclaré hier la ministre de la Santé. Roselyne Bachelot a confirmé qu’elle comptait lutter contre ces phénomènes en introduisant certaines mesures dans le projet de loi "Santé, patients et territoires", qui sera débattu au Parlement fin octobre, rapporte Le Monde (page 10). Elle a rappelé, qu’outre l’installation d’éthylomètres dans les discothèques, elle souhaitait que la vente des boissons alcoolisées soit interdite aux moins de 18 ans dans les stations-service et dans tous les circuits de distribution.

Deux députés de la majorité, Daniel Mach et Jacques Domergue, chargés d’une mission sur la lutte contre l’alcoolisation des jeunes, ont indiqué la semaine dernière qu’ils étaient partisans d’une interdiction de la vente d’alcool aux mineurs dans les commerces d’alimentation et à un contrôle de l’âge sur présentation d’une pièce d’identité. "Aujourd’hui, il est courant de voir des jeunes de 14 ans acheter de grandes quantités d’alcool, à bas prix, dans les supermarchés. Dans mon département, on a récemment retrouvé un jeune dans les toilettes d’un supermarché, en coma éthylique", déplore Daniel Mach, député UMP des Pyrénées-Atlantiques, dans Le Monde.

La Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) doit achever aujourd’hui la concertation qu’elle a engagée avec les professionnels sur les moyens de lutter contre l’alcoolisation excessive des jeunes. Parmi les propositions soumises à la discussion figurent l’interdiction des "open bars" (consommation d’alcool à volonté) et celle des "happy-hours" (boissons alcoolisées à prix réduit en soirée). Cette dernière piste, évoquée par Le Parisien/Aujourd’hui dans son édition de lundi, "n’est pas actée à ce stade", a fait savoir le ministère de la Santé. La Mildt envisage également d’augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées, qui n’ont pas bougé depuis huit ans pour les bières et depuis vingt ans pour le vin. Enfin, la Mission étudie une interdiction de la consommation sur la voie publique, comme aux Etats-Unis.

De leur côté, les spécialistes de santé publique soulignent les limites d’une politique basée exclusivement sur la répression. "Cet arsenal répressif ne servira à rien si on ne s’interroge pas sur les causes de l’alcoolisation excessive des jeunes", souligne Philippe Batel, psychiatre et alcoologue, dans Le Monde. "Il faut mettre autant d’énergie dans des actions de prévention, sinon, il y aura des contre-effets : les jeunes continueront à s’alcooliser, mais à l’abri des regards", explique-t-il.

La Mutualité réaffirme son identité
"La Mutualité, c’est avant tout un mouvement de santé. Ce n’est pas uniquement une assurance complémentaire au régime général de la Sécurité sociale", indique Jean-Pierre Davant, en présentant Priorité santé mutualiste (PSM) dans l’hebdomadaire L’Argus de l’assurance de ce vendredi (pages 8 et 9). "Nous considérons que, depuis une vingtaine d’années, le système de santé français n’a pas été modernisé de manière à faire profiter tous nos concitoyens des immenses progrès de la science médicale", déclare le président de la Mutualité française pour expliquer la nécessité du lancement de la plate-forme PSM. "Pour ne pas laisser le secteur privé accroître la dérive dans laquelle il est entré", il évoque le projet de la Mutualité de créer un "groupe hospitalier", dont l’annonce officielle devrait être faite à la mi-juin. Par ailleurs, Gérard Vuidepot, président de la MNH, s’explique sur le développement d’offres communes et d’actions de prévention et de promotion de la santé, "sans fusion a priori", avec deux autres mutuelles : la MGEN et la MNT.

John Sutton