Alcool et tabac interdits aux moins de 18 ans

Contre l'alcool et le tabac, les députés ont voté "un nouvel arsenal" de mesures, annonce Le Figaro (page 9). Ces dispositions, figurant dans le projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST), définitivement adopté ce mercredi matin, vise particulièrement les mineurs, souligne Libération (pages 2 à 4).

Alors que la vente était jusqu'alors interdite au moins de 16 ans, rappelle Le Figaro, le nouveau texte "durcit la législation". Désormais, c'est l'ensemble des mineurs qui ne pourra pas acheter d'alcool. Par ailleurs, souligne La Croix (page 8), un amendement a étendu cette interdiction à la vente de tabac. Dans le même élan, la vente d'alcool dans les stations services a été interdite entre 18 heures et 8 heures, poursuit le quotidien. La tranche horaire actuelle est de 22 heures à 6 heures.

Les open bars seront également prohibés, mentionne Le Parisien/Aujourd'hui (pages 10 et 11). Cette mesure est assez "mal vue par les étudiants et les organisateurs de soirée", rapporte le journal. D'ailleurs, ils imaginent déjà "des solutions de repli pour mieux contourner la loi". Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), l'alcool devient la "substance psychoactive la plus consommée au cours des 30 derniers jours", chez les jeunes de 17 ans, indique Libération. Les garçons sont d'ailleurs trois plus nombreux que les filles à en faire un usage régulier.

Les députés, de droite comme de gauche, sont plutôt satisfaits de ces mesures qui visent, entre autres, à lutter contre le "binge drinking", relève Libération. Cette technique consistant à fortement s'alcooliser en un minimum de temps, provoque de nombreux dégâts chez les jeunes.

Certaines voix s'élèvent cependant face à un paradoxe. Si ces mesures sont saluées, on s'étonne, surtout à gauche, qu'elles ne soient pas accompagnées de véritable politique de santé publique. Beaucoup déplorent, en effet, "la forte diminution des subventions aux associations sur le terrain", explique Libération. De plus, ajoute le journal, "il est cocasse que dans le même texte, les députés aient autorisé la publicité (de l'alcool) sur Internet, un média jeune, s'il en est".

Création des agences régionales de santé
"Clef de voûte" de la loi HPST, la création des agences régionales de santé (ARS) a été votée ce matin par les députés. Comme l'expliquent Les Echos (page 4), cette future entité réunira sept organismes : les agences régionales d'hospitalisation, les services déconcentrés de l'Etat dans les départements et les régions (Ddass et Drass), ainsi qu'une partie des services de l'assurance maladie.

L'objectif des ARS est de mettre fin aux "cloisonnements sectoriels" entre les soins dispensés en ville, les hôpitaux et les maisons de retraite, explique le quotidien économique. Si, sur le principe, le consensus prévaut sur leur création, des interrogations s'élèvent d'ores et déjà. "Qui pilotera vraiment les dépenses ?" entre l'Etat et l'assurance maladie, s'interroge Marisol Touraine, députée socialiste d'Indre-et-Loire.

Frédéric Lavignette