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Alain Juppé, « nouvel homme fort du gouvernement »

Le président de la République a remanié hier des ministères clés de son gouvernement, remplaçant Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé au Quai d'Orsay, afin de muscler sa politique étrangère, après les bouleversements survenus dans le monde arabe. "Alain Juppé (...), homme d'expérience (...) a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue", a justifié Nicolas Sarkozy. Deux quotidiens, Les Echos (page 3) et Le Parisien/Aujourd'hui (page 3), qualifient Alain Juppé de "nouvel homme fort du gouvernement". Pour Le Figaro (page 3) aussi, le maire de Bordeaux est le "grand gagnant" de ce remaniement.

Le chef de l'Etat a également annoncé l'arrivée au ministère de l'Intérieur de son homme de confiance, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, à la place d'un autre de ses fidèles, Brice Hortefeux, qui devient conseiller du président. Nicolas Sarkozy a implicitement admis les errements de la diplomatie française face aux révoltes qui ont fait chuter les régimes "amis" de Tunisie et d'Egypte, en promettant une "ère nouvelle dans nos relations avec ces pays". En revanche, le président n'a pas eu un mot pour MAM, qui lui a finalement présenté sa démission hier.

Le Parti socialiste a estimé que le remaniement signait, dixit Laurent Fabius, "les échecs complets de la politique étrangère et de sécurité". "Nous sommes dans un pays qui n'est pas sorti de la crise, qui n'a jamais été aussi inégalitaire, avec un président dont la pa­role est décrédibilisée, parce qu'il a raconté trop d'histoires (...), avec une France qui est rétrécie, abîmée", a commenté Martine Aubry, hier sur France 2, propos repris dans Libération (page 2). "Sarkozy en perdition dans les sondages a avant tout cherché à mettre en ordre de bataille un gouvernement usé quelques mois après un précédent remaniement manqué, estime François Sergent, l'éditorialiste de Libération. Au lieu de partager l'espoir que nourrissaient ces révoltes, il a de nouveau usé de la peur des flux migratoires. Comme si la politique extérieure de la France était devenue otage de considérations électorales." Dans son éditorial, le directeur des rédactions du Figaro (page 19), Etienne Mougeotte, choisit de son côté une métaphore maritime, en souhaitant bon vent aux trois ministres régaliens, dont Alain Juppé, qui "pourront efficacement aider le capitaine (Sarkozy) à barrer dans les 40es rugissants qui se profilent".

Maladies rares : un plan de 180 millions d'euros
La ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, et la secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, doivent annoncer aujourd'hui le plan de lutte contre les maladies rares, à l'occasion de la 4e Journée internationale qui leur est consacrée, rapporte Le Parisien/ Au­jourd'hui (page 10). Ces affections touchent 3 millions de personnes en France et 30 millions en Europe.

"Ce plan, globalement doté de 180 millions d'euros, représente un effort très significatif", souligne Nora Berra, dans un entretien publié dans le quotidien La Croix (page 10). "Il comprend 47 mesures et est articulé autour de trois axes forts : améliorer la qualité de la prise en charge des patients, développer la recherche et amplifier les coopérations européennes et internationales", ajoute la secrétaire d'Etat à la Santé.

Le plan prévoit également "la création d'une fondation scientifique des maladies rares, qui permettra de faire travailler ensemble, sur des projets de recherche innovants, les acteurs économiques, les structures publiques de recherche et les associations". Enfin, une banque de données sera créée pour recueillir des données cliniques et scientifiques, afin de mieux connaître les spécificités de ces maladies.
John Sutton