Aide à la famille : mise au point

"Après le couac sur la carte famille nombreuse et la polémique sur la majoration unique des allocations adolescents", le gouvernement s’efforce visiblement de calmer le jeu, estime Le Figaro (page 26). Vendredi, poursuit La Croix (page 11), le ministre du Travail, accompagné de la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, a tenu à clarifier les projets du gouvernement en matière de politique familiale. Objectif : "remettre les pendules à l’heure", selon l’expression de Xavier Bertrand.

"Alors que les associations familiales accusent le gouvernement de vouloir réaliser des économies", Nadine Morano a évoqué des "rééquilibrages à la hausse", poursuit Le Figaro. En 2006, la France a ainsi consacré près de 5% de son produit intérieur brut (PIB) à la politique familiale, soit 83,5 milliards décomposés en six enveloppes.

La plus importante enveloppe est directement consacrée aux allocations familiales, indique le quotidien : elle représente 38,5 milliards d’euros. Elle incorpore la prestation logement, l’allocation de rentrée scolaire (ARS) et la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje). Vendredi, Xavier Bertrand a annoncé l’augmentation de l’ARS pour les lycéens. Selon Les Echos (page 2), il a évoqué le projet de moduler cette prestation de 272 euros en fonction de l’âge de l’enfant.

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé une augmentation de la prestation garde d’enfant pour les familles modestes à partir du 1er mai, rapporte La Croix. Cette allocation complémentaire à la Paje est versée aux familles dont les revenus ne dépassaient pas, en 2006, 19.225 euros et qui font garder leur enfant par une assistante maternelle, explique le quotidien. A partir du 1er mai, elle passera de 378,49 euros à 428,76 euros pour un enfant de moins de 3 ans et de 189,25 euros à 214,39 euros pour un enfant de 3 à 6 ans.

Toutes ces annonces destinées à "calmer la fronde" ont été possibles parce que "la branche famille (de la Sécurité sociale) a les moyens de continuer à ce rythme", expliquent Les Echos. "Redevenue bénéficiaire l’an dernier, elle devrait, hors mesure nouvelle, dégager un excédent de 5 milliards en 2012." Selon le quotidien économique, "ces excédents devraient également servir à renflouer les branches maladie et vieillesse".

Les pistes pour l’emploi des seniors
C’est à partir du 28 avril que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, recevra l’ensemble des partenaires sociaux sur le dossier des retraites, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 12). Au sommaire de cette rencontre : l’allongement de la durée de cotisation et l’emploi des seniors. Sur ce dernier point, de nouvelles pistes sont à l’étude, souligne La Tribune (page 23). "La France affiche actuellement l’un des plus faibles taux d’emploi des 55-64 ans en Europe : 38,1% contre 43,5% pour l’ensemble de l’Union européenne."

Pour dynamiser l’emploi des seniors, la "dispense de recherche d’emploi" (DRE) devrait être supprimée, observe La Croix (page 12). Cette disposition bénéficie actuellement aux chômeurs de plus de 57 ans. Le gouvernement songe aussi à faire pression sur les entreprises par un système de bonus-malus, rapporte La Tribune. Le recours à des quotas imposés d’embauche de retraités semble envisagé, très certainement avec un "point d’équilibre" fixé autour de 5% de l’effectif total. En outre, le gouvernement réfléchit à un système de subvention pour les entreprises qui "investissent dans la gestion des âges et (...) qui proposeront des formations à leurs seniors".

Frédéric Lavignette