Affections de longue durée : la Mutualité « prête à s’engager dans un nouveau dispositif conventionnel »

"Les mutuelles réclament un rôle plus important dans la gestion des maladies chroniques", titrent Les Echos (page 4), à propos du rapport au 39e congrès de la Mutualité française "qui se tient en fin de semaine prochaine à Bordeaux". La Mutualité annonce qu'elle est "prête à s'engager dans un nouveau dispositif conventionnel pour les maladies chroniques", souligne le quotidien économique.

De quoi s'agit-il concrètement ? La Mutualité propose d'expérimenter "de nouvelles formes de rémunération", "essentiellement forfaitaires", des professionnels de santé. L'expérience, basée sur le volontariat, "doit s'accompagner d'une délégation de paiement aux mutuelles et de la généralisation du tiers payant", peut-on lire dans le rapport au congrès de Bordeaux.

"Il y a trois ans, lors de son précédent congrès, la Mutualité avait déjà lancé “Priorité santé mutualiste”, un programme proposant une gamme complète de services pour les assurés", rappelle le journaliste Vincent Collen, dans Les Echos. "Ce que propose la Fédération aujourd'hui va beaucoup plus loin. L'enjeu financier est énorme : les affections de longue durée (ALD) représentent la totalité de la croissance des dépenses de santé. Il est aussi éminemment politique", estime le quotidien économique. Le gouvernement prétend que la montée en charge des ALD favoriserait les mutuelles car les dépenses sont prises en charge à 100%. Une idée reçue, balayée par le rapport, qui précise que "le reste à charge des patients en ALD est en moyenne 1,7 fois plus élevé que celui des autres adhérents". "Pour faire taire les polémiques" sur son pseudo-trésor, la Mutualité proposerait de "vider" en partie ses réserves en les affectant au développement de son réseau de services de soins et d'accompagnement mutualistes (cliniques, maisons de retraite, crèches), "sans équivalent en France", indiquent Les Echos.

Sous le titre : "La Mutualité défend son leadership", le quotidien économique (page 4) publie un deuxième article, plus court que le précédent. Pour dépasser les clivages entre contrats collectifs et individuels, entre actifs et non-actifs, la Mutualité défend "la création d'un crédit d'impôt garantissant l'équité des aides fiscales et sociales entre tous les contrats". Les débats actuels sur le maintien de la couverture complémentaire pour les retraités et les chômeurs "soulignent l'actualité" de la démarche, initiée dès le congrès de Toulouse en 2003, soulignent Les Echos.

Hypocrisie autour des dépassements
Le 20 heures de France 2 a consacré jeudi 21 mai un reportage au sujet des honoraires médicaux. Une séquence tournée en caméra cachée révèle que certains spécialistes fixent le montant de leurs dépassements en fonction des garanties des mutuelles de leurs patients. Selon eux, cette pratique, qui leur permet de facturer le montant maximum remboursé par l'organisme complémentaire, ne coûte rien aux adhérents. Faux !, rétorque le directeur général de la Mutualité française, interrogé sur ce thème. Pour Daniel Lenoir, un tel argument relève de "l'hypocrisie". En effet, explique-t-il, "le montant des dépassements sera intégré l'année d'après dans le coût de la cotisation, parce que la mutuelle fixe ses cotisations en fonction des prestations qu'elle a remboursées".

Le reportage indique que les patients ont tout intérêt à négocier les tarifs, avant une intervention chirurgicale par exemple. Mais, dans la pratique, peu osent le faire, craignant des répercussions sur la qualité des soins.

Sabine Dreyfus et John Sutton