Affaire du Mediator® : dix autres médicaments jugés à risque

Après un scandale sanitaire, les questions sont récurrentes. Les experts sont-ils indépendants ? La formation des médecins est-elle suffisante ? De quelles informations disposent vraiment les autorités sanitaires ?... Autant d’interrogations légitimes et essentielles que pose cette semaine L’Express (pages 82 à 96) suite à l’affaire du Mediator®, un antidiabétique soupçonné d’être responsable d’au moins 500 décès.

"Faut-il avoir peur des médicaments ?", se demande l’hebdomadaire qui présente notamment, de manière synthétique, les différentes étapes de la mise sur le marché d’une spécialité, ainsi que la chaîne de la sécurité sanitaire. Mais surtout, L’Express publie une liste de "dix médicaments à retirer du marché". Il s’agit de produits "dont le rapport bénéfice-risque est clairement défavorable, autrement dit les avantages apportés ne sont pas suffisants comparés aux dangers auxquels ils exposent", explique-t-il.

Pour établir cette liste, cet hebdomadaire s’est appuyé sur les analyses de la revue indépendante Prescrire – à laquelle Le Nouvel Observateur consacre cette semaine un article (page 104) – et l’avis du Pr Jean-Paul Giroud, pharmacologue et membre de l’Académie nationale de médecine.

On y trouve, entre autres, le Di-Antalvic®, un antidouleur. Si son amélioration du service médical rendu par rapport au seul paracétamol "n’a jamais été démontrée", souligne L’Express, en revanche "les risques de surdosage, fréquents en cas de douleurs aiguës ou chroniques, peuvent être lourds, allant du trouble psychiatrique et cardio-vasculaire... à l’arrêt cardiaque".

Ce médicament est interdit depuis plusieurs années en Suisse, au Royaume-Uni et en Suède. "L’Europe leur a emboité le pas en juin 2010 et les Etats-Unis, le 19 novembre." En France, son retrait définitif est programmé "pour septem­bre 2011 au plus tard".

Sur cette liste figurent aussi le Vastarel®, prescrit contre les vertiges ou les acouphènes, le Ketek®, utilisé contre les infections respiratoires et également le Zyban®, indiqué pour le sevrage tabagique. Elle est disponible sur le site Internet de L’Express (lexpress.fr).

Le calendrier de la réforme de la dépendance
Le coup d’envoi du débat national sur la dépendance aura lieu en janvier. Comme l’explique latribune.fr, celui-ci "devrait durer six mois et déboucher sur des mesures d’ordre financier à l’automne dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2012". Quant aux modalités de cette concertation, elles ont été arrêtées hier par le Premier ministre, indiquent lesechos.fr : création d’un comité interministériel, concertation régionale et lancement de quatre groupes de travail. Ces derniers porteront sur "société et vieillissement", "enjeux démographiques et financement", "accueil et accompagnement", "couverture de la dépendance". D’ores et déjà, a prévenu la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, "le débat ne sera pas clos à la fin de 2012".

Grippe : la vaccination patine
Les Français ont-ils été échaudés par l’affaire de la grippe A/H1N1 de 2009 ? En tout état de cause, ils sont moins nombreux cette année à se faire immuniser contre le virus de la grippe saisonnière. Selon les dernières données de l’assurance maladie, "seulement 5,5 millions de personnes se sont fait vacciner depuis le début de la campagne à l’automne, soit un recul de 15% par rapport aux années 2007 et 2008", relève Le Parisien/Aujourd’hui (page 14).

Face à ce constat, le directeur général de la Santé, Didier Houssin, "conseille nettement" à nos concitoyens de se faire protéger contre ce virus. Il devrait arriver "bientôt" dans l’Hexagone et "des cas graves ont été signalés à La Réunion à la fin de l’été", explique-t-il. En outre, ajoute-t-il, depuis le début du mois de septembre, dix personnes sont décédées en Grande-Bretagne de la grippe "dont huit dues au virus A/H1N1". Le vaccin 2010 contre la grippe saisonnière intègre le H1N1, précise Le Parisien/Aujourd’hui.
Jean-Michel Molins