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Accoucher coûte de plus en plus cher

En clinique, comme à l'hôpital, accoucher est loin d'être un acte gratuit. Selon une étude du comparateur en ligne mutuelle.com, citée dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 5), les tarifs peuvent varier du simple au décuple, c'est-à-dire de 313,50 euros à plus de 3.000 euros ! Dans le premier cas, il s'agit d'un tarif conventionné, donc remboursé à 100% par la Sécurité so­ciale, alors que le second correspond à un tarif avec dépassement.

A Paris, les dépassements d'honoraires sont fréquents, rapporte Le Pari­sien/Aujourd'hui. Sur 116 gynécologues libéraux observés, seuls 3 adoptent le tarif Sécu, tous les autres facturant des dépassements d'honoraires. "Autant dire que les personnes titulaires d'une complémentaire santé “de base“, ou sans mutuelle, en sont forcément de leur poche", commente le quotidien.

Dès lors, l'hôpital semble par conséquent être la solution la moins coû­teuse. Cela dit, compte tenu des listes d'attente, et à moins de s'inscrire des mois à l'avance, il est parfois difficile d'obtenir une place. Par ailleurs, l'hôpital ne garantit pas un remboursement à 100% puisque "certains médecins ont droit à une activité libérale à l'hôpital", remarque Le Parisien/Aujourd'hui. De ce fait, "ils peuvent vous facturer un dépassement, mais sont obligés de vous prévenir avant, et de vous rédiger un devis, si vous le souhaitez", précise le quotidien.

Lorsque les établissements hospitaliers alentours ne peuvent accueillir la future mère, reste toujours la possibi­lité – certes inconfortable ! – de "changer de région peu avant l'accouchement". Mais comme le souligne Le Parisien/Au­jourd'hui, outre Paris, "mieux vaut éviter les départements du Nord, de l'Ain et surtout des Alpes-Maritimes, qui sont les champions du dépassement ».

Prothèses PIP : opération inverse
Toutes les femmes porteuses de prothèses mammaires de la marque PIP vont prochainement devoir retourner au bloc opératoire. D'ici quelques jours, les autorités sanitaires vont en effet demander aux 30.000 femmes concernées d'"explanter" ces seins en sili­cone probablement responsables de certains cancers.

Comme le rappelle Libération (pages 14 et 15), ces prothèses de la société Poly Implants Prothèses (PIP) ont été fabriquées avec du silicone industriel à usage non médical, d'où "une gélification partielle" qui a favorisé des fuites à travers l'enveloppe de l'implant. A l'heure actuelle, 8 cas de cancers ont été signalés chez certaines porteuses de ces prothèses. Toutefois, rien ne permet actuellement d'imputer la maladie au port de ces implants.

Par précaution, leur "retrait intégral" est programmé. Pour le Pr Laurent Lantieri, chirurgien au groupe hospitalier Henri-Mondor (Paris), consulté en vue de cette décision, "il n'y a pas d'urgence, mais nous n'avons plus le choix". A ses yeux, cette démarche répond moins à "un principe de précaution" qu'à un "principe de prévention".

Cette situation "n'est pas sans poser des problèmes médicaux, chirurgicaux, administratifs, financiers et de communication", commente Libération. Des experts de l'Institut national du cancer (Inca) et de la direction de la Santé doivent se réunir le 23 décembre afin de définir plusieurs de ces points.

Cette réunion doit également permettre de répondre à plusieurs questions. Exemples : le retrait des prothèses implique-t-il que l'on fasse une biopsie automatique du sein ? Faut-il remettre une autre prothèse ? Et, surtout, comment retrouver toutes les femmes qui ont eu recours à ces prothèses ? Autre question, et non des moindres : qui va payer ? Selon le directeur général de la Santé, "les règles sont aujourd'hui claires". En effet, indique le Dr Jean-Yves Grall, "toutes les femmes porteuses d'implants PIP seront remboursées de leurs frais médicaux et chirurgicaux liés à l'explantation : échographies, analyses, retrait de l'implant, examens de contrôle postopératoire". Il est également évident, ajoute-t-il, que "les femmes qui relèvent d'une reconstruction après chirurgie du cancer du sein seront également remboursées de la pose d'une nouvelle prothèse".

Quant aux autres porteuses, celles qui ont subi cette transplantation par souci esthétique, elles ne seront pas prises en charge, préviennent déjà les experts. Une décision que conteste l'Association de défense des porteuses de prothèses de la marque PIP, au prétexte que "c'est quand même de la responsabilité de l'Etat d'avoir laissé un produit pourri sur le marché"…
Frédéric Lavignette