Accord sur les retraites complémentaires

Les partenaires sociaux sont parvenus hier soir à un protocole d’accord pour renflouer les caisses de retraites complémentaires, annonce Le Figaro-économie (page 17). A l’ouverture de la séance de négociations, le Medef a fait un geste en proposant une augmentation des cotisations, comme les syndicats le réclamaient, mais en échange d’une baisse de la revalorisation des pensions, jugée "indispensable". Pendant trois ans, ces dernières ne seront plus indexées sur l’inflation.

Selon le texte, à partir du 1er avril prochain, les pensions des cadres du privé (Agirc) augmenteront de 0,5 % et celle de tous les salariés du privé (Arrco) de 0,8 %. Autrement dit, les retraités verront leur pouvoir d’achat reculer légèrement jusqu’en 2015, résument Les Echos (page 4). C’est la première fois depuis le début des années 1990 que les pensions progressent moins vite que l’inflation, souligne le quotidien économique, qui qualifie l’effort demandé aux retraités d’"historique".

La CFDT, la CFTC et FO ont laissé entendre qu’elles signeraient l’accord, tandis que la CGT et la CGC ont déclaré qu’elles n’approuvaient pas le texte, rapportent Les Echos. "Nous ne souhaitons pas abaisser le pouvoir d’achat des retraités", a justifié Eric Aubin (CGT). Danièle Karniewicz (CGC) a, quant à elle, dénoncé un "effort trop important demandé aux retraités".

"Nous avons eu des signes positifs", estime, en revanche, Philippe Pihet, le représentant de Force Ouvrière. Plus critique, Jean-Louis Malys (CFDT), qualifie ces mesures de "bricolages", appelant à une remise à plat du système dans son ensemble. "La désindexation est une décision difficile, mais les pensions seront tout de même revalorisées, ce qui est essentiel", juge Pascale Coton (CFTC).

Le président de la République a prévenu, mardi à Dijon, que "des choix courageux" devraient être faits "dans l’année" pour assurer l’avenir des régimes de retraites. Installée par le gouvernement, une commission pour l’avenir des retraites doit proposer des pistes de réforme d’ici le mois de juin, en concertation avec les partenaires sociaux.

La justice condamne l’usage thérapeutique du cannabis
Dominique Loumachi, atteint de myopathie, n’a finalement pas eu gain de cause, constate le quotidien La Croix (page 12). Faisant valoir qu’il consommait du cannabis pour "soulager ses douleurs et détendre ses muscles", le prévenu plaidait la relaxe. Le tribunal correctionnel de Belfort l’a finalement condamné à 300 euros d’amende avec sursis et cinq ans de mise à l’épreuve pour "usage et détention" de stupéfiants pour sa consommation personnelle.

"Nous n’avons pas grand-chose à attendre du côté de la justice : les juges appliquent le code pénal et il est très clair sur la consommation de cannabis, y compris à des fins thérapeutiques, estime Pierre Chappard, coordinateur du Réseau français de réduction des risques. C’est sur le terrain politique que les choses pourraient prochainement bouger."

Les vertus thérapeutiques du cannabis sont reconnues dans de nombreux pays, rappelle Libération (page 13). Il soulagerait, entre autres, les effets secondaires d’une chimiothérapie (dont la perte d’appétit), les spasmes dus à la sclérose en plaques, le glaucome. "En France, le cannabis est toujours diabolisé, alors que personne ne s’indigne de l’usage médical de la morphine", déplore Michel Henry dans Libération.

John Sutton