Accès aux soins : pour un droit à la complémentaire pour tous

La FNMF et l'union régionale Rhône-Alpes organisent aujourd'hui, à Lyon, une rencontre pour "ouvrir le débat sur l'avenir du système de santé et l'inscrire dans le calendrier électoral de 2012", souligne Le Progrès (page 8). Dans un entretien, le président de la Mutualité Française explique que l'objectif des rencontres régionales est de "réfléchir aux conditions de réorganisation du système de soins".

Comme le note Etienne Caniard, il existe actuellement un paradoxe profond : "alors qu'en théorie l'assurance maladie rembourse 70% des soins courants, seuls 55% sont remboursés". En prenant l'exemple de la région lyonnaise, où l'"on compte 70% de dépassements d'honoraires pour certaines spécialités", il préconise d'"affirmer le droit à une complémentaire santé pour un accès des soins à tous".

Pour financer ce droit, il propose, entre autres, de "s'attaquer aux dépassements d'honoraires quitte à ce que les mutuelles participent mais il faut mettre fin à cette sélection par l'argent", affirme Etienne Caniard. En outre, ajoute-t-il, les mu­tuelles doivent "réfléchir à ce que doit rembourser une complémentaire" et prendre notamment leurs "responsabilités sur le prix des optiques et des dépassements d'honoraires".

Le président de la Mutualité Française déplore par ailleurs "le transfert de charges de plus en plus important de l'assurance maladie vers les mutuelles" et les nouvelles taxations qui ont augmenté de 2,5% en trois ans. Aujourd'hui, observe-t-il, "nous en sommes à 13,20%. Aucun autre secteur n'a connu cela". "Les effets mécaniques conduisent à 5% de contraintes supplémentaires pour les mutuelles. Chacune calculera ses augmentations suivant sa situation. Elles s'apprécieront sur plusieurs exercices."

Soins dentaires : la part des complémentaires en hausse
En une quinzaine d'années, la part des complémentaires santé dans la prise en charge des frais dentaires n'a cessé d'augmenter. Alors qu'elle était de 31,2% en 1995, elle est passée à 37,1% en 2010. De son côté, la "Sécu" atteint un taux identique de prise en charge. Au final, le patient finance 25,7% de ces soins.

Ces chiffres, que rapporte Le Figaro (page 21), ont été évoqués à l'occasion du congrès annuel des dentistes, qui se tient jusqu'à demain à Paris. A cette occasion, indique le quotidien, les praticiens ont tenu à souligner "leur importance dans l'activité économique" par le biais de certaines données. Ils ont, par exemple, signalé que 92% des 40.100 chirurgiens-dentistes exercent en libéral, qu'ils emploient 47.900 salariés, et qu'ils font travailler 17.800 personnes dans les laboratoires de prothèses ou encore 4.000 fournisseurs.

Par ailleurs, indique Le Figaro, l'an dernier, "la dépense en soins dentaires des Français a atteint 9,9 milliards d'euros, sur 175 milliards de soins médicaux". Sur ces dépenses, l'assurance maladie "rembourse très bien" les consultations lorsqu'elles sont de l'ordre de la prévention (visite annuelle) ou lorsqu'elles sont liées à des soins conservatoires (le traitement d'une carie, détartrage).

Dans ces deux cas, la "Sécu" impose ses tarifs mais reconnait qu'ils "ne sont plus fixés à leur juste valeur depuis des années". C'est d'ailleurs pour cela que les dentistes sont amenés à se "refaire" sur les couronnes et les bridges en profitant des tarifs libres, précise le journal. A ce titre, certains prix pratiqués contraignent des patients à renoncer aux soins.

Pour le Dr Joël Trouillet, de l'Asso­ciation dentaire française (ADF), "le problème financier se pose pour les personnes qui gagnent autour du Smic, trop “riches“ pour la CMU mais qui ont du mal à se payer une complémentaire santé".

Palmarès des hôpitaux
Le Nouvel Observateur publie dans sa dernière édition un dossier spécial de 32 pages sur le Palmarès des hôpitaux. Au classement général, si le groupe hospitalier Pitié-Salpétrière (Paris) décroche la 1re place, l'Institut mutualiste Montsouris (IMM) occupe la 8e position. L'IMM est aussi au 1er rang pour le cancer de la prostate, au 2e rang pour la chrirurgie de l'adénome de la prostate, au 4e rang pour la chirurgie du cancer colorectal et 20e rang pour le pontage aorto-coronarien. Autres classements : la clinique mutualiste Jules-Vernes (Nantes) est 5e du classement pour la chirurgie du cancer colorectal et celle de St-Etienne est au 31e rang pour la prothèse de la hanche et au 22e rang pour la chirurgie des ligaments du genou.
Frédéric Lavignette