croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Accès aux soins, le programme oublié

"Aura-t-on encore les moyens de se soigner demain ?", interroge Le Parisien/Au­jourd’hui (pages 10 et 11), qui consacre un long article à la santé dans sa série sur "les grands dossiers de la présidentielle". "Les Français sont contraints de payer de plus en plus cher pour se soigner", souligne le quotidien, qui sou­lève un paradoxe : malgré cela, la santé "n’a jamais vraiment constitué l’un des thèmes d’affrontement majeurs des batailles présidentielles".

Deux cents médecins hospitaliers tentent d’interpeller les candidats sur les dépassements d’honoraires, dans un manifeste qui réclame la suppression du secteur privé à l’hôpital. "La question des dépassements d’honoraires de certains médecins qui exercent à l’hôpital est un vrai problème", estime, dans Le Parisien (page 11), David Causse, coordinateur du pôle santé-social de la Fédération des établissements hospitaliers privés non lucratifs (Fehap). Il estime "qu’au moins un Français sur cinq se prive de soins", pour des raisons financières.

Le quotidien rappelle la position des principaux candidats sur la question des dépassements d’honoraires. Nicolas Sarkozy veut les "limiter", après accord avec "les organisations syndicales représentatives des médecins". D’autre part, il propose que le praticien qui s’installerait "dans une zone de désert médical, pour le même acte, soit payé plus cher" que dans les villes, mieux dotées.

De son côté, François Hollande promet "d’encadrer les dépassements d’honoraires". La semaine dernière sur France 2, il a annoncé également qu’il souhaitait limiter les dépenses de médicaments, en gardant les plus efficaces pour mieux les rembourser. Pour sa part, le candidat du Modem, François Bayrou, souhaite créer "un bouclier santé", destiné à protéger ceux qui sont au-dessus du seuil et ne bénéficient pas de la CMU. Enfin, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, préconise rien moins que le rétablissement du remboursement à 100% par la Sécu des dépenses de santé, lunettes et soins dentaires compris.

Au sujet de l’accès aux soins, La Croix (page 5) consacre un article aux difficultés de prise en charge des soins des malades du cancer, problème qui préoccupe particulièrement la Ligue contre le cancer. Tous les traitements directement liés à ces pathologies sont pris en charge à 100% par la Sécurité sociale au titre des affections de longue durée. "Mais cela n’empêche pas certains malades d’avoir un reste à charge très lourd", souligne Marie-Henriette Loucheux, vice-présidente du comité du Nord de la Ligue. Les patients doivent en effet assumer directement, ou via leur mutuelle, certains traitements dit "de confort" dans le domaine nutritionnel (compléments alimentaires) ou esthétiques (perruques), mal remboursés par la Sécu, énumère cette responsable qui dénonce également "certains abus inadmissibles" en matière de dépassements d’honoraires.

Attaque contre les réseaux optiques
La Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) a adressé hier une lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle pour dénoncer une "santé vi­suelle à deux vitesses". Derrière cette formule choc, la Fnof vise directement les réseaux d’opticiens mis en place par les mutuelles, notamment la MGEN. "Les lunettes sont mal remboursées par la Sécu. […] Le rôle des complémentaires est donc crucial", rappelle Le Figaro-économie (page 22).

Le quotidien explique que les mutuelles concernées passent des accords avec des opticiens qui s’engagent à respecter des normes de qualité et des tarifs "raisonnables". Les adhérents bénéficient ainsi de meilleurs remboursements ainsi que le tiers payant, souligne le supplément économique du Figaro. La MGEN rembourse ainsi ses adhérents 25% de plus que s’ils se rendaient chez un opticien qui n’appartient pas à son réseau. Ce dernier est limité à 1.900 opticiens sur 12.000, ce qui garantit un apport de clientèle non négligeable à ses opticiens agréés. "De quoi susciter des jalousies parmi les recalés ?", interroge Le Figaro-économie.

La Fédération des opticiens de France "condamne cette dérive qui remet en cause le principe de libre choix du praticien". Elle estime également que si l’assuré doit se rendre chez un opticien agréé, il risque de parcourir "40 ou 50 km de route" pour le trouver. La MGEN, pour sa part, fait remarquer la rareté des opticiens en zones rurales et leur concentration dans les villes : l’obligation de se rendre chez un professionnel agréé nécessite donc tout au plus de se déplacer quelques rues plus loin. Dernière objection de la Fnof : les complémentaires ne proposeraient de meilleurs remboursements que sur un choix restreint de verres ou de montures, sans le préciser à ses adhérents. Faux, réplique la MGEN qui fait valoir ses "170.000 références enregistrées".
John Sutton