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ANI : vote bloqué au Sénat

C'est dans la nuit de sa­medi à dimanche que le Sénat a adopté le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, dans une ambiance électrique. Face à l'opposition des sénateurs communistes "qui de­mandaient un scrutin public sur chaque amendement", indique dans Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 5) François Rebsamen, président du groupe PS au Sénat, le gouvernement a eu recours au vote bloqué. Ainsi, il a demandé au Sénat de se prononcer par un seul vote sur les articles 5 à 20 du projet de loi, en retenant les amen­dements, proposés ou a­c­ceptés par le gouvernement. Pour Marie Noëlle Lienemann, séna­trice PS de Paris, le recours au vote bloqué constitue un "aveu de faiblesse" du gouvernement (L'Humanité page 3).

Cette procédure n'a pas permis au gouvernement de revenir sur un amendement proposé par l'UMP, "adopté grâce à l'abstention des Verts" et qui a donné gain de cause au Medef et aux assureurs commerciaux, notent Les Echos (page 4). Ce texte supprime la clause de désignation et laisse de fait la liberté aux entreprises de choisir leur organisme assureur pour la couverture santé de leurs salariés.

La clause de désignation, rappelle le quotidien économique, "avait fait l'objet d'un violent affrontement entre le Medef – hostile – et l'UPA – partisane de cette clause – pendant la négociation qui a abouti à l'accord du 11 janvier à l'origine du projet de loi. Le gouvernement, comme les députés, avait tranché en faveur de l'UPA".

Pour l'Union professionnelle artisanale, le revirement du Sénat est "inadmissible, inacceptable". Pour sa part, relèvent Les Echos, le Medef attend que la commission mixte paritaire (CMP), qui se réu­nira demain, "confirme la transposition de l'ensemble des dispositions de l'accord du 11 janvier". Selon le calendrier établi, le projet de loi doit être définitivement adopté mercredi à l'Assemblée et jeudi au Sénat.

Les aidants ont besoin d'aide
Un Français sur deux déclare s'occuper ou s'être occupé d'un proche en perte d'autonomie, selon un sondage Opinion Way pour Le Figaro (page 9). Selon cette enquête, les plus âgés sont les plus concernés : 56% des 50-64 ans et 71% des plus de 65 ans ont déjà aidé ou aident encore un proche dépendant.

Dans ce contexte, aider aux aidants familiaux est une néces­sité car, âgés eux-mêmes, et en l'absence de soutien, il leur arrive de "craquer" à leur tour, constate Le Figaro-santé. Fait nouveau : ce sont désormais des seniors de 50, 60, voire même 70 ans qui s'occupent de leurs parents âgés, eux, de 80, 90, voire 100 ans.

Dans certains pays, comme la Suède, l'aide aux aidants est institutionnalisée. En France, selon l'enquête d'Opinion Way, les aidants se font eux-mêmes aider dans les trois-quarts des cas, principalement par d'autres membres de leur famille (36%) ou par des aidants professionnels (33%) ; plus rarement par un établissement spécialisé (19%). Quand on leur demande quel type de soutien leur serait le plus utile, ils citent à égalité le conseil auprès d'un réseau, d'une association ou d'une structure publique (49%) et une formation d'une vingtaine d'heures. Seuls 10% déclarent pouvoir se passer d'aide. L'écra­sante majorité des Français (90%) est également en attente de soutien concret en cas de perte d'autonomie d'un proche, notamment d'une aide financière (42%).

Dans les entreprises, la question des aidants familiaux est devenue un vrai problème : le taux d'absentéisme lié à la prise en charge de parents âgés devient plus important que celui lié aux enfants. "Concilier vie professionnelle et vie personnelle lorsqu'on doit s'occuper d'un proche est toujours difficile. Et si, dans la majorité des cas, les aidants ne souhaitent pas renoncer à leur activité, ne pas s'arrêter est parfois impossible", déplore Florence Leduc, présidente de l'Association française des aidants, dans Le Parisien-économie (page 14).

Mettre entre parenthèses une carrière n'est pas sans conséquence. Car "dès qu'ils quittent leur travail, ils perdent toute reconnaissance sociale. Ils n'ont pas de droit au chômage, à la retraite, à la Sécurité sociale ni à la formation. Bref, ils n'ont rien !", dénonce Brigitte Lamarre, bénévole à l'Association des paralysés de France (APF) et administratrice de l'Union nationale des associations familiales (Unaf).

Comment la société peut-elle soutenir les familles pour qu'elles n'aient pas à en payer le prix lourd, sur les plans physique, psychologique et financier ? "Il faudrait développer, par exemple, des structures relais qui prennent en charge le patient dépendant pendant un laps de temps limité pour que les proches puissent souffler, augmenter les accueils de jour, créer des maisons de l'autonomie pour centraliser par exemple les informations et les conseils pour les aidants…", recom­mande le Pr Olivier de Ladoucette, gériatre, dans Le Figaro.

CMU : accès élargi au 1er juillet
Le Premier ministre a confirmé vendredi à François Chérèque, chargé du suivi de la mise en œuvre du plan pauvreté, que l'accès à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) sera élargi, à partir du 1er juillet prochain, rapportent Les Echos (page 3). Le plafond de revenus pour bénéficier de cette couverture sera relevé de 8,75%.

Concrètement, une personne seule gagnant moins de 719 euros par mois sera désormais éligible à la CMU. Pour un couple, le plafond sera de 1.079 euros. Ce relèvement permettra à 400.000 ou 500.000 personnes supplémentaires de bénéficier de la CMU, selon Matignon, soit environ 10% de plus qu'actuellement. Il aura aussi pour conséquence de relever le plafond de ressources pour l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS). Selon Les Echos, entre 100.000 et 200.000 assurés de plus pourront bénéficier de ce "chèque santé", qui prend en charge une partie du coût d'une mutuelle.

John Sutton et Jean-Michel Molins