870 000 femmes battues

Vivre en famille n’est pas sans risque, surtout lorsqu’on est une femme. C’est du moins ce qui apparaît à la lecture des résultats publiés hier par l’Observatoire national de la délinquance (OND). Pour son quatrième rapport, l’OND a réalisé une enquête destinée à "donner la parole aux victimes qui ne déposent pas forcément plainte auprès de la police et de la gendarmerie", explique L’Humanité (page 8). Ce silence concerne plus de 80% des violences.

Il apparaît que "le milieu familial et la sphère privée sont quasiment aussi dangereux que la voie publique", explique le responsable des statistiques de l’OND, Cyril Rizk. Près de la moitié des personnes interrogées (46%) avouent avoir été victimes de brutalités au sein de leur ménage. 870.000 d’entre elles sont des femmes. Près de 80% des femmes disent avoir "été visées par une connaissance personnelle", en l’occurrence le conjoint ou l’ex-conjoint ou un membre de la famille.

La nature de la situation familiale agit fortement sur le niveau de violence, rapportent Les Echos (page 2) : "Les personnes séparées ou divorcées déclarent plus souvent que les autres subir des violences physiques intrafamiliales, ainsi que les familles monoparentales ou dont l’un des membres est au chômage." Cette situation est aussi valable "pour celles qui sont locataires", ajoute L’Humanité. De plus, le lieu de résidence a une influence : plus de 7% des victimes de violence vivent dans une "zone urbaine sensible". Dernier facteur : l’âge. En général, plus on est jeune plus on est victime, "un phénomène qui décroît avec l’âge", indique le quotidien économique.

L’espérance de vie "sans incapacité"
Vivre plus vieux n’est pas pour autant le signe d’une bonne santé. L’Observatoire européen des espérances en santé, en coordination avec l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm), vient de se pencher sur une des "questions de santé publique que soulève l’allongement de l’espérance de vie". Les résultats de son étude ont été publiés par la revue anglaise The Lancet, et sont repris par Le Monde (page 4).

Comme l’explique le quotidien, "les auteurs ont cherché à cerner auprès des personnes interrogées âgées de 50 ans les difficultés rencontrées – ou non – depuis six mois dans la réalisation des activités de la vie quotidienne (alimentation, travail, déplacement, etc.)". Les résultats obtenus ont permis d’élaborer un nouvel indicateur appelé espérance de vie "sans incapacité".

Alors que l’espérance de vie européenne s’élève à 78,6 ans pour les hommes et à 83,5 ans pour les femmes, il apparaît que l’espérance de vie "sans incapacité" est beaucoup plus faible : elle s’élève, en effet, à 67,3 ans pour les hommes et à 68,1 ans pour les femmes. En France, elle est de 68 ans pour les hommes et de 69 ans et 8 mois pour les femmes.

Les auteurs de l’étude en concluent que dans plusieurs pays européens (notamment Lituanie, Estonie, Lettonie, Hongrie) "l’augmentation de l’âge du départ à la retraite sera en pratique difficilement réalisable sans la mise en place de politique visant à améliorer l’état de santé général des personnes concernées".

Frédéric Lavignette