733 professionnels de santé ont imposé des dépassements à des bénéficiaires de la CMU

Ils sont pédiatres, gynécologues ou généralistes et au nombre de 733 dont la moitié exercent en Ile-de-France. L'assurance maladie vient de les identifier à partir de sa base de données. Ces professionnels de santé "bafouent la règle", indique Le Monde de samedi-dimanche (page 7) : celle qui veut qu'on n'impose pas de dépassements d'honoraires aux patients les plus pauvres.

Par "patients pauvres", rappelle le quotidien, on entend les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), c'est-à-dire les personnes qui gagnent moins de 716 euros par mois. Or, pour ces professionnels, le "tact et mesure" n'est pas de mise.

Ainsi ce médecin installé dans le Sud. En 2012, écrit Le Monde, "sa clientèle comptait 91 patients bénéficiaires de la CMU-C, qui ne devaient donc rien débourser. Or, 30% se sont vu facturer des dépassements, en moyenne de 41euros". Chez un autre installé dans le Centre-Est, "39 patients étaient détenteurs de la CMU-C, et 82% d'entre eux ont été contraints de payer un dépassement de 46 euros en moyenne ».

Au terme de sa mission sur l'accès aux soins des plus démunis, la sénatrice écologiste Aline Archimbaud préconise un systématisme des sanctions. Pour elle, ces dépassements ne sont pas sans risque pour les plus pauvres. "Quand le médecin dit “

C'est 50 euros ”, explique-t-elle dans Le Monde. le patient est paumé. Il paye, mais le risque, c'est qu'il renonce par la suite à poursuivre ses soins. » L'accord sur les dépassements d'honoraires conclu en 2012, rappelle le journal, pourrait changer la donne puisqu'il intègre une procédure contre les pratiques excessives.

Concernant ces 733 médecins, un avertissement leur a été adressé et un processus de surveillance de leur activité a été enclenché, lequel pourrait aboutir à une sanction. "Mais, observe Le Monde, le risque existe que certains n'acceptent plus les bénéficiaires de la CMU-C. Une pratique bien réelle et tout autant interdite."

L'e-cigarette va-t-elle devenir un médicament ?
A la veille du vote d'une nouvelle directive sur le tabac, les députés européens vont être interpellés aujourd'hui devant le Parlement de Strasbourg par des consommateurs de cigarettes électroniques et par une dizaine de médecins français. Ceux-ci viennent de signer un texte en faveur de ce nouveau mode d'inhalation, indique Le Parisien/Au­jourd'hui (page 11).

Pour ces professionnels (tabacologue, cancérologue, urologue…) qui travaillent à l'Institut Curie, à l'hôpital Henri-Mondor, à Tenon ou Lariboisière à Paris, ou en­core à Marseille, c'est un fait acquis : l'e-cigarette détourne du tabac. Pour autant, ils s'opposent à ce que les euro-députés l'assimilent à un médicament, comme c'est leur intention.

Selon ces médecins, écrit le quotidien, c'est "la liberté d'achat, hors de toute injonction sanitaire ou marketing, qui en a fait le succès". Et le risque d'un classement comme médicament, c'est-à-dire avec l'obstacle de la prescription ou de la vente en pharmacie, serait de "renvoyer tous les sevrés à la case tabac".

La directive européenne, ajoute Le Figaro (page 15), prévoit par ailleurs "l'affichage d'avertissements de santé sur 75% de la surface recto verso des paquets de cigarettes", ainsi que l'interdiction de l'utilisation des arômes et des cigarettes fines.

Frédéric Lavignette