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730 millions d’euros pour le plan cancer 2

Le président de la République a lancé hier le deuxième plan cancer, doté de 730 millions d’euros sur quatre ans (2009-2013) et centré sur la prévention et la réduction des inégalités face à la maladie, résume le quotidien Les Echos (page 3). Devant un public de médecins, chercheurs et malades réunis à Marseille, le chef de l’Etat a promis la "réussite" de ce nouveau plan, après les "carences" et les "défaillances", relevées par la Cour des comptes dans l’exécution du premier plan cancer (2003-2007), initié par Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy a expliqué que le gouvernement allait "mettre de l’argent pour chercher, pour trouver des solutions (...) pour mieux accompagner le malade", soulignant qu’il consentait "un effort important" en temps de crise. Il a notamment fixé à 20% l’augmentation souhaitable, d’ici à 2013, du nombre de spécialistes (oncologues, radiothérapeutes, hématologues), note Libération (page 12).

"La lutte contre les inégalités, priorité du plan cancer 2", titre La Tribune (page 5). "Le risque de mourir d’un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres et les professions libérales", a observé Nicolas Sarkozy, pointant notamment du doigt la consommation d’alcool et de tabac comme "racines" des inégalités. "Et les cancers pros ?", interroge L’Humanité (page 9), se faisant l’écho de la Fnath (Association des accidentés de la vie), qui déplore que le président n’ait pas abordé la question des cancers d’origine professionnelle.

"Les diagnostics et traitements de pointe doivent être accessibles au plus grand nombre dans toutes les régions", a affirmé le chef de l’Etat, précisant que "sur la durée du plan, 74 IRM supplémentaires seront installés, dont 39 dans les dix régions ayant la mortalité par cancer la plus élevée". Il souhaite également augmenter de 15% la participation de la population aux dépistages organisés, pour les cancers du sein ou de la prostate, notamment dans les départements où les retards sont les plus criants, précisent Les Echos.

"Pour combattre le tabagisme, nous disposons d’un arsenal de mesures", a rappelé le président Sarkozy, qui a justifié la hausse du prix des cigarettes de 6%, votée la semaine dernière à l’Assemblée. Il a confirmé l’apparition sur les paquets "d’avertissements visuels, qui atténuent l’image positive de la cigarette", sans préciser toutefois la date d’entrée en vigueur de cette mesure, indique Le Figaro (page 13), qui table sur fin 2010.

Les associations et les syndicats ont réagi diversement. Positivement pour les premières et avec scepticisme pour les seconds, notent Les Echos. L’Association pour la recherche contre le cancer (Arc) s’est félicitée de "la prise en compte des inégalités pour nous amener tous au meilleur niveau dans les régions et les catégories socioprofessionnelles". De son côté, La Ligue contre le cancer approuve les orientations du plan, mais regrette la timidité des mesures de lutte contre le tabagisme, "responsable d’un tiers de la mortalité par cancer".

Ce sont les syndicats de personnels soignants qui se sont montrés les plus critiques, craignant que ce plan n’occulte la souffrance du personnel et le manque de postes dans les centres de lutte contre le cancer. Les 14 000 salariés de ces centres "sont inquiets, voire à l’agonie", ont affirmé Sud, la CGT et FO, dans un communiqué commun.

Un PLFSS loin des enjeux
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale devrait être adopté aujourd’hui par les députés, avant sa transmission au Sénat. "Au pas de course, les députés sont venus à bout des 54 articles du PLFSS un jour plus tôt que prévu", relève Le Quotidien du médecin d’hier (page 3). Un texte peu modifié par la majorité, qui a renoncé à de nombreux amendements, comme la surtaxe des cigarettiers, le durcissement du dispositif des retraites "chapeau" ou l’encadrement des dépassements d’honoraires. Seuls les clubs sportifs ont vu leurs avantages fiscaux réduits, mais Xavier Bertrand souhaite que les sénateurs reviennent sur cette disposition, note Le Monde (page 12).

Au-delà des divergences, les députés ont montré qu’ils partageaient la même "inquiétude face à l’ampleur du déficit de la Sécurité sociale", souligne Le Monde. Le Quotidien du médecin partage cette analyse : "L’opération laissera surtout une curieuse impression de décalage entre la forte inquiétude affichée par les parlementaires, quelle que soit leur couleur politique, quant à l’avenir de la Sécurité sociale et à son déficit historique et l’extrême timidité des mesures de redressement finalement votées par amendement." "Les députés ont eu beau crier à la catastrophe, le gouvernement (...) a gardé son cap… et tenu ses troupes", constate Le Quotidien du médecin.

John Sutton