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70% des Français veulent limiter la liberté des médecins sur le prix de leur consultation

Le ministère de la Solidarité a publié fin août une étude sur l’évolution de l’opinion des Français en matière d’assurance maladie. Parmi les résultats : 70% sont d’accord pour "imiter la liberté des médecins" sur le prix de leur consultation afin de réduire les dépenses de santé. Ils sont tout aussi nombreux à vouloir que les praticiens prescrivent "moins de médicaments et d'examens" ou "des médicaments et des examens moins chers".

Enregistrer les variations de l’opinion des Français en matière de protection sociale : c’est l’objectif d’une étude annuelle réalisée depuis 2000 par la direction de la Recherche et des Etudes (Drees) du ministère de la Solidarité. Cet organisme a publié fin août son édition 2007. Interrogés notamment sur l’évolution des dépenses de santé, la majorité des Français juge "légitime" leur accroissement. Toutefois, 85% d’entre eux estiment que les dépenses actuelles sont trop élevées "en raison d’une mauvaise gestion du système de santé" (+ 7 points en six ans).

Selon cette étude, la participation de 1 euro sur les actes médicaux recueille de plus en plus d’avis négatifs. "La moitié des personnes interrogées juge que c’est une source d’inégalité d’accès aux soins" (+ 3 points). Moins d’un Français sur deux (46%) pense que ce forfait "responsabilise les patients en évitant d’aller consulter le médecin pour les soins inutiles".

En revanche, 70% des personnes interrogées proposent de "limiter la liberté des médecins concernant les prix de leur consultation". Un pourcentage identique plaide pour que les praticiens prescrivent "moins de médicaments et d’examens" ou "des médicaments et des examens moins chers". L’opinion n’est pas défavorable à de nouvelles contraintes pour les assurés sociaux : 75% des Français sont favorables "au non remboursement des consultations de plusieurs médecins pour le même motif".

Nos concitoyens sont de plus en plus nombreux à être convaincus des bénéfices attendus du dossier médical personnel (DMP). Ainsi, 84% d’entre eux (+ 8 points par rapport à 2005) estiment qu’il permettra l’amélioration du suivi médical. L’idée que le DMP puisse réduire les dépenses de santé est également en constante augmentation : 59% contre 53% en 2005.

Pour mémoire, le DMP a été institué par la réforme de l’assurance maladie de 2004, mais sa généralisation a été repoussée à maintes reprises depuis cette date. En juin, la ministre de la Santé a décidé de relancer ce chantier.

Enfin, la Drees relève qu’une "une proportion stable de six Français sur dix, principalement les personnes les plus diplômées, estiment qu’il existe des inégalités dans l’accès aux soins et dans la qualité des soins prodigués, selon le lieu d’habitation et les revenus". Pour eux, "l’impossibilité d’avoir accès aux soins est une des conséquences de la pauvreté".

Jean-Michel Molins

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)