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« 500.000 Français vont moins se soigner l’an prochain »

"C'est un Etienne Caniard incisif et offensif, qui s'est présenté, ce 30 septembre, à la Mutualité Française pour faire le point sur les sujets chauds de rentrée", rapporte le site Internet de L'Argus de l'assurance. Dans la "ligne de mire" du président de la Mutualité Française : "Le gouvernement, à qui il reproche de ne pas tenir ses engagements, notamment en matière de santé."
"Ce que nous redoutions est en train de se réaliser", a en effet pointé Etienne Caniard. "Actuellement, souligne-t-il cette fois sur BFM-TV, le système de santé français est en "plein paradoxe" : alors que les déficits perdurent, les difficultés d'accès aux soins continuent de croître.

Pour preuve, de plus en plus de Français sont contraints de se priver de complémentaire, faute de moyens financiers. En 2012, 3,3 millions de personnes n'en disposaient pas, contre 2,8 millions deux ans auparavant. Fait nouveau, et particulièrement inquiétant pour le président de la Mutualité : alors que le taux de population couvert par une complémentaire santé n'a fait que croître depuis les années 1970, pour la première fois, celui-ci est à la baisse. "Quand on sait qu'en l'absence de mutuelle, le taux de renoncements aux soins double, ce sont concrètement 500.000 Français qui vont moins se soigner l'an prochain", prévient-il.

Pour la plupart, a indiqué Etienne Caniard dans le journal de 13 heures de France Inter, les renoncements aux soins sont le fait de "gens qui sont dans des situations économiques difficiles, des jeunes en difficulté d'insertion professionnelle, des personnes qui connaissent des difficultés d'emploi, des chômeurs, et beaucoup de personnes âgées qui connaissent une baisse de revenus au moment de la retraite, alors que les coûts complémentaires augmentent souvent avec le risque aggravé lié à l'âge. Et évidemment, quand ces coûts atteignent un certain niveau, il y a des processus de renoncements aux soins".

En outre, souligne-t-il, on observe que ceux qui sont couverts par une complémentaire se tournent de plus en plus vers des contrats moins protecteurs, toujours pour des raisons de budget.

Comment éviter qu'un nombre croissant de Français se prive de couverture complémentaire et renonce à se soigner ? Il faut, explique Etienne Caniard dans L'Argus de l'assurance, "une réponse claire des pouvoirs publics". "Il faut qu'ils fassent plus confiance aux acteurs de santé, au lieu de s'immiscer dans leur gestion. Pour autant, ces derniers doivent prendre davantage leurs responsabilités et c'est ce que, pour notre part, nous allons faire."

En premier lieu, la Mutualité Française réclame un allégement de la fiscalité des contrats responsables. Comme le rappelait hier France Inter, les taxes qui pèsent sur les mutuelles sont en effet passées de moins de 2% en 2005 à 13,27% en 2012, avec une répercussion mécanique sur les tarifs des contrats. "Notre revendication est simple, avance Etienne Caniard dans L'Argus : nous voulons que les pouvoirs publics tiennent la promesse qui nous avait été faite de baisser la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA." Précisément, le président de la Mutualité propose de faire passer la TSCA de 7% à 5%, dans un premier temps et "au bénéfice des adhérents".

Par ailleurs, la FNMF appuie la généralisation du tiers payant prévue dans la stratégie nationale de santé. En évitant l'avance de frais, deuxième cause de renoncement aux soins, elle permet à chacun de se soigner et "vivifie l'économie" grâce aux sommes que les adhérents ne sont plus obligés d'avancer. Sur ce point, Etienne Caniard prend "l'engagement de simplifier au maximum toutes les procédures administratives". "Nous allons donc travailler dès aujourd'hui, en étroite collaboration avec les autres familles de la complémentaire, sur la mise en place d'une solution simple et efficace, tant pour les professionnels de santé que pour les patients", promet-t-il dans L'Argus.

Enfin, ajoute Etienne Caniard, "outre la rénovation du cadre des négociations conventionnelles avec les professionnels de santé, la Mutualité demande le renforcement de l'identité mutualiste, de ses valeurs et de sa gouvernance", à travers un nouveau Code de la Mutualité. "En ce sens, explique le site spécialisé, la Mutualité fera des nouvelles propositions, à l'occasion de son congrès, organisé du 11 au 13 juin 2015, à Nantes."

 

La dette a doublé en dix ans

A quelques heures de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi de finances (PLF) pour 2015, l'Insee a dévoilé hier le montant cumulé de la dette française : soit 2.000 milliards d'euros. En dix ans, observe en «une" Le Figaro, son montant a ainsi "quasiment doublé et s'approche désormais du seuil des 100% du PIB". En d'autres termes, titre le quotidien, "la France coule".

"Comme toujours, ces chiffres sont à interpréter avec prudence", préviennent Les Echos (pages 4 et 5). "Le Trésor émettant beaucoup de titres au premier semestre pour sécuriser son programme, la dette est moins dynamique ensuite et baisse en général au troisième trimestre", explique le quotidien économique.

Il n'en reste pas moins, reconnaît le quotidien, que la dette s'est emballée ces dernières décennies, à force d'accumuler les déficits, et que le gouvernement est "sur la corde raide". La maîtrise des dépenses publiques paraît donc "incontournable", poursuit le quotidien, mais "François Hollande n'arrivera pas à réduire leur poids autant qu'il le voulait".

En effet, "compte tenu de l'atonie de la croissance et de l'inflation", les dépenses représenteront encore 56,5% du PIB cette année, puis 56,1% en 2015. Or, "le chef de l'Etat entendait diminuer ce ratio de 3 points d'ici à 2017", rappellent Les Echos.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)