4000 médicaments sur Internet

Après un coup d’essai avorté, les Français pourront, à compter d’aujourd’hui, acheter des médicaments non remboursables sur Internet. Comme le rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (page 6), la tentative du 2 janvier dernier, quelque peu forcée par la Commission européenne, s’était en effet soldée par un échec. Le Conseil d’Etat et l’Autorité de la concurrence s’étant opposé à cette mesure.

La ministre de la Santé a donc révisé son texte, mais, dans son principe fondamental, la démarche reste la même : les sites Internet de vente des médicaments doivent être adossés "à une pharmacie en dur, tenue par un pharmacien diplômé, et doivent avoir obtenu d’une agence régionale de santé (ARS) une autorisation d’ouverture". Une fois sa commande passée en ligne, le consommateur devra ensuite se rendre dans l’officine en question pour récupérer ses médicaments.

"Par rapport au décret publié en décembre 2012, beaucoup de choses ont changé, explique le quotidien. Alors qu’il limitait à 455 le nombre de références pouvant être vendues sur la Toile, la liste en compte dorénavant 4.000". En revanche, les prix sur le Net sont libres, donc dissociés de ceux de la pharmacie.

La mobilisation des 22.000 officines pour ce nouveau lancement est, semble-t-il, plutôt discrète. D’après le ministère de la Santé, seuls une soixantaine de sites sont référencés. Concernant l’Ile-de-France, par exemple, l’agence régionale de santé n’a reçu que 32 demandes de création, alors qu’on compte 3.921 officines. Il faut croire que la profession continue d’être opposée à ce mode de vente. Pour beaucoup de pharmaciens, Internet ouvrirait la voie à certaines dérives (comme la surconsommation de médicaments). D’autant que les informations qui seront livrées aux internautes seront insuffisantes, et cela même si chaque site doit s’organiser pour répondre par téléphone à toutes les questions.

Malgré ce peu d’enthousiasme, observe Le Parisien/Aujourd’hui, "cette petite révolution" devrait néanmoins bouleverser le marché croissant de l’automédication, évalué à 22 milliards d’euros par an. Elle pourrait notamment permettre de faire baisser les prix, grâce à une mise en concurrence accrue des produits, voire de lutter contre les déserts médicaux.

Réforme des retraites : premières concertations
Après le Premier ministre la semaine dernière, la ministre des Affaires sociales a rencontré hier syndicats et patronat pour aborder la future réforme des retraites. Lors de ce rendez-vous bilatéral, qui doit se prolonger aujourd’hui, Marisol Touraine n’a rien dévoilé des intentions du gouvernement. Elle a seulement évoqué avec eux quelques-uns des aspects techniques de la réforme, écrit Le Figaro (page 18), notamment "le financement des régimes et le pilotage du système".

Du côté des syndicats, écrivent Les Echos (page 4), les positions sur la façon de combler le déficit de 20 milliards d’euros d’ici à 2020 "sont tranchées et resteront incompatibles". Ainsi, la CGT et FO refusent catégoriquement l’allongement de la durée de cotisation. Et côté patronal, sans surprise, une augmentation des cotisations sociales est rejetée. "La réforme s’annonce donc compliquée pour l’exécutif", qui devrait néanmoins suivre deux pistes, conclut le quotidien.

Inspirée par le rapport Moreau, la première "propose d’adapter chaque année la contribution des salaires portés au compte pour le calcul des droits à la retraite, en fonction du besoin de financement des régimes". L’autre solution consisterait à intervenir sur les pensions, notamment en limitant leur revalorisation. Dans les deux cas, les syndicats ont manifesté leur opposition.

Frédéric Lavignette