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35 heures à l’AP-HP : durcissement du conflit

Mardi dernier, la première rencontre entre la direction de l'Assistance publique-Hô­pitaux de Paris (AP-HP) et les syndicats n'aura pas duré plus d'une dizaine de minutes, souligne Le Monde (page 10). Les délégués syndicaux n'ayant pas obtenu le retrait "pur et simple" du projet de réforme du temps de travail, ils ont rapidement quitté la salle et appelé les salariés à une nouvelle grève, ce jeudi. Celle du 21 mai avait été suivie par 50% des agents, selon les syndicats, 34% selon la direction.

"Le fil du dialogue est ténu mais pas cassé, et personne ne veut rompre ce fil", assure au Monde, Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, qui était venu soumettre aux syndicats un "socle de propositions" sur les conditions de travail dans les 38 établissements du groupe. Il s'engage par exemple à "assurer le maintien des effectifs au lit du malade, durant la période du plan stratégique", à travailler sur la stabilité des plannings, à augmenter les titularisations de CDD et à offrir un meilleur accès au logement des salariés.

"Martin Hirsch a changé son fusil d'épaule, estime, dans Libération (page 16), Elisabeth Genest, déléguée CGT à l'hôpital Lariboisière. Il ouvre une liste de discussions pour calmer le jeu, mais il ne parle pas du sujet majeur qui a mis les gens dans la rue, celui de l'organisation du temps de travail et des 35 heures." Les syndicats craignent en effet la suppression de jours de RTT, de jours exceptionnels octroyés pour événements familiaux ou liés à l'ancienneté et un accroissement de la charge de travail, alors que de nombreux agents font déjà des dépassements d'horaires.

En annonçant de but en blanc sa volonté de refondre les 35 heures, Martin Hirsch a enterré toute chance de dialogue, estime Libération. "Il aurait dû commencer par parler des conditions de travail et ensuite, on aurait pu parler du temps de travail, estime Isabelle Chaumont-Huyet, secrétaire générale de la CFDT à l'AP-HP. Il a tout fait à l'envers. Là on ne sait pas du tout où il veut aller et les gens sont remontés."

Les directeurs d'hôpitaux saluent le "courage" du directeur général de l'AP-HP d'avoir ouvert le dossier des 35 heures, mais ils s'interrogent. Si le conflit se durcit, pourra-t-il imposer sa réforme ? Aura-t-il les appuis politiques nécessaires ? "C'est un soutien bien mesuré et prudent que lui a, pour l'instant, apporté la ministre de la Santé", constate François Béguin, du Monde.

"Après le mouvement des médecins libéraux, le gouvernement ne veut pas ouvrir un front avec les hôpitaux", estime Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), partisan d'une remis à plat des 35 heures à l'hôpital.

En cas de durcissement du conflit, Martin Hirsch pourrait imposer ses vues, notamment en supprimant certains temps de pause extralégaux, comme la pause repas des administratifs, in­cluse actuellement dans leur temps de travail. "Ce n'est pas souhaitable, naturellement, mais il y a un moment où la réalité doit s'imposer aux différentes organisations, il y a un intérêt général à avoir en tête", juge, dans Le Monde, Claude Evin, directeur de l'agence régionale (ARS) d'Ile-de-France.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)