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213 manifestations prévues pour le 19 mars

Journée nationale d'action (Le Parisien/Aujourd'hui), bouclier fiscal (Le Monde, L'Humanité), crise économique (Les Echos, La Tribune), lutte contre les discriminations ethniques (Libération)... : ces sujets variés se partagent la "une" de la presse nationale, ce mercredi. La grève de demain est "un test social" et "sera vraiment l'épreuve de force", prévoit Le Parisien. "La mobilisation pourrait être encore plus forte que celle de fin janvier, a fortiori dans le privé, où la crainte du chômage gagne de nombreux salariés", renchérit le quotidien Les Echos (page 1).

Les syndicats sont confiants dans le succès de cette journée. La CGT prévoit 213 manifestations dans toute la France et le trafic SNCF devrait être fortement perturbé, contrairement à celui de la RATP. Mais, le Premier ministre a prévenu qu'il n'y aurait pas "d'enveloppe supplémentaire", après les 2,6 milliards d'euros accordés lors du sommet social du 18 février.

"La détermination des salariés est encore plus forte aujourd'hui, parce que la situation sociale se dégrade de jour en jour", estime Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, dans un entretien au Parisien (page 2). "Quand les salariés réagissent" dans "des entreprises qui ont des comportements brutaux, je considère qu'ils sont en état de légitime défense", ajoute-t-il.

Que peut faire le gouvernement face à la multiplication des plans sociaux ?, interroge Le Monde (page 9). Réponse du leader de la CGT, Bernard Thibault : "Il doit agir, pas se lamenter. Il faut un droit suspensif aux suppressions d'emplois, permettant aux salariés d'apporter la contradiction aux plans annoncés. La seule information des comités d'entreprise ne suffit pas."

Dans un entretien aux Echos (page 2), le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, réclame un "plan anti-licenciement". "Le gouvernement doit absolument conditionner les 30 milliards d'euros d'aides que l'Etat verse aux entreprises à la conclusion d'accords salariaux intégrant des plans de formation et d'évolution de carrière", propose-t-il. Le leader de la CFDT s'en prend également au patronat, qui "fait preuve d'un manque de réactivité. Il ne s'adapte pas du tout à la conjoncture et donne l'impression de baisser la tête dans la tempête".

Hier, Laurence Parisot, la présidente du Medef, s'en est pris violemment à "la démagogie" des syndicats, insistant sur le coût de "cette journée sans travail", rapporte Le Figaro-économie (page 18). Pour elle, "les syndicats ont une approche particulièrement égoïste" sur les retraites complémentaires. La patronne des patrons leur reproche notamment de refuser l'allongement de la durée de cotisation ou le report de l'âge de départ en retraite à 61 ans. "Peu importe si les entreprises continuent allégrement d'éjecter les salariés bien avant leur 61e anniversaire", commente L'Humanité (page 10), pour qui "le Medef perd ses nerfs".

A lire aussi dans la presse - Hôpital : la fronde des mandarins

Les députés doivent voter aujourd'hui solennellement le projet de loi HPST. "Or voilà qu'hier les présidents des commissions médicales d'établissements (CME) des CHU ont sonné le tocsin", alerte Libération (page 16). Ils menacent de démissionner collectivement si "rien ne bouge dans le volet du texte de loi sur la nouvelle gouvernance à l'hôpital". Jusqu'à présent, rappelle Eric Favereau, il y avait une sorte de partage des rôles entre le directeur et le président de la CME.

"Avec ce texte de loi et les derniers aménagements lors du débat, c'en est fini de cet équilibre, dénonce Pierre Coriat, président de la CME de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Tous les amendements proposés pour médicaliser un peu les prises de décision à l'hôpital ont été refusés. Le résultat fait froid dans le dos. Nous allons vers un système déficient, inopérant, et à terme dangereux", estime-t-il. Pour Eric Favereau, cette "poussée de fièvre des présidents de CME est d'autant plus troublante qu'ils avaient, ces derniers temps, appuyé le ministère dans ses précédentes réformes".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)