21 milliards d’euros d’économies en 2015 dont 10 milliards sur la Sécu

Le gouvernement a présenté hier son budget pour 2015, marqué par la réduction plus lente que prévue des déficits, malgré un effort sur les dépenses. Le projet de loi de finances prévoit l’an prochain une légère baisse du déficit budgétaire, à 4,3% du PIB (après 4,4% en 2014). Il devrait ensuite se réduire à 3,8% en 2016, puis 2,8% en 2017, revenant ainsi sous la limite fixée par Bruxelles, deux ans après la date prévue.

Le gouvernement se base sur une prévision de croissance de 1% en 2015, atteignant progressivement 1,9% en 2017, et table sur un redémarrage de l’inflation après un taux de 0,9% hors tabac, l’an prochain.

Pour le Haut Conseil des finances publiques, ce chiffre de 1% repose sur un scénario "optimiste", rapportent Les Echos (page 3). Le gouvernement a cependant confirmé son objectif de réaliser 21 milliards d’euros d’économies en 2015 et 50 milliards sur trois ans. "La France n’a jamais réalisé un effort de cette ampleur", indique le ministre des Finances, Michel Sapin, cité dans Le Figaro-économie (page 20).

Comment allez-vous réaliser 21 milliards d’économies en 2015 ?, demande Le Monde (page 10) au ministre. "Elles sont proportionnelles à ce que chaque secteur représente en termes de dépense publique : 7,7 milliards pour l’Etat, 3,7 milliards sur les collectivités territoriales, près de 10 milliards sur la Sécurité sociale, dont un peu plus de 3,2 milliards pour l’assurance maladie", précise Michel Sapin.

Concernant les économies sur les dépenses sociales, Le Figaro-économie et Le Parisien/Aujourd’hui (page 3) rappellent les coups de rabot sur les prestations familiales annoncés en début de semaine : une division par trois de la prime à la naissance à compter du deuxième enfant, une réforme du congé parental ou encore une diminution des aides à la garde d’enfants pour les ménages aisés. Pour compenser ces mesures impopulaires, le gouvernement a prévu une réforme de l’impôt sur le revenu qui bénéficierait à 9 millions de contribuables, pour un montant total de 3,2 milliards d’euros, note Le Figaro-économie (page 22)

"Plutôt que d’appliquer une politique du rabot, porteuse ni d’efficacité, ni d’avenir, il faut revoir le système lui-même", recommande pour sa part le président du Medef, Pierre Gattaz. Ces coupes budgétaires auront des conséquences "graves" en matière d’emploi, d’investissement et de santé, s’inquiète de son côté la CGT, qui dénonce un "budget d’austérité".

 

La dette sociale avance masquée

"Donnez-nous plus de dette", c’est le discours que compte tenir aujourd’hui Patrice Ract-Madoux, président de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), devant les parlementaires qui travaillent sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2015, indiquent Les Echos (page 8). En différant le transfert de la dette à l’organisme chargé de l’éteindre progressivement et au meilleur prix, l’addition risque d’être particulièrement salée, devrait-il plaider.

"Mais il est peu probable que les parlementaires en fassent leur priorité et le gouvernement ne semble pas disposé à transférer de nouvelles dettes à la Cades, écrit Solveig Godeluck dans Les Echos. D’une part cela l’obligerait à faire voter de nouvelles ressources financières pour la caisse, (...). D’autre part, les taux courts tendent vers zéro, ce qui permet à l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) de recourir en direct aux marchés financiers dans des conditions très intéressantes, et donc de se passer de la Cades."

Le scénario le plus probable est donc que la Sécurité sociale continue "de jongler avec les découverts de court terme" et s’en tienne à un transfert réduit au minimum vers la Cades, estime le quotidien économique. Autre problème à terme : il faudra sans doute allonger à nouveau la durée de vie de la caisse, qui devait disparaître en 2009 et a déjà été prolongée jusqu’en 2024.

John Sutton

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