20 propositions pour la médecine libérale

Lors de ses voeux au monde de la santé en janvier dernier, le président de la République avait annoncé le lancement d'une réflexion sur les différents moyens de "refonder la médecine libérale". Mardi, la mission dirigée par Michel Legmann a remis le rapport qui lui avait été commandé.

Le groupe mené par le président du Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom), "avance donc vingt propositions destinées à revaloriser la profession, en particulier afin de convaincre les jeunes étudiants de ne plus se détourner de la médecine générale", rapporte La Tribune (page 8),

Pour cela, le rapport suggère un renforcement de la formation en médecine générale des futurs praticiens, mais aussi "la création d'un guichet unique pour faciliter leur installation matérielle", indique le quotidien économique. Il propose également une plus grande implication des généralistes dans l'organisation de la santé sur le terrain, rôle dévolu depuis le 1er avril dernier aux agences régionales de santé (ARS).

En ce qui concerne "l'amélioration des conditions d'exercice" à proprement parler, poursuit La Tribune, la mission Legmann souhaite encourager "le regroupement des généralistes dans des structures communes, avec d'autres professionnels de santé, afin de mutualiser les coûts et d'améliorer la permanence des soins".

La possibilité d'une pratique mixte de leur activité figure aussi parmi les propositions : les médecins généralistes pourraient par exemple développer une activité hospitalière à côté de leur clientèle libérale. Autre recommandation, ajoute le journal : "Dépasser le seul paiement à l'acte pour développer d'autres formes de rémunération comme le forfait pour certains suivis de maladies."

Par ailleurs, avance Le Monde (page 10), la mission préconise de supprimer une mesure phare de la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) qui vise à lutter contre les déserts médicaux : le "contrat solidarité". Cette disposition, rappelle le quotidien, "instaure une pé­nalité contre les professionnels installés dans des zones surdotées en médecins qui refuseraient d'aller exercer quelques semaines en zones sous-dotées". La mission Legmann recommande également d'améliorer la protection sociale des médecins libéraux. Jusqu'ici, note La Tribune, son financement est "pris en charge en partie par les caisses d'assurance maladie en contrepartie du respect de la convention médicale par les médecins". Elle réclame enfin la suppression d'un certain nombre de mesures jugées "vexatoires" par la profession, telles que l'obligation de déclarer leurs périodes de congés. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot rencontre aujourd'hui les professionnels de santé libéraux à l'occasion d'un déplacement en Alsace : selon La Tribune, elle devrait indiquer quelles pistes, parmi ces propositions, sont finalement retenues par le gouvernement.

Le débat sur la retraite s'enflamme
Le rapport du Conseil d'orientation des retraites (Cor) transmis mercredi au gouvernement n'est pas passé inaperçu. Surtout dans l'opposition. Comme le rappelle La Tribune (page 5), "le rapport situe en effet le besoin de financement annuel du système de retraite à l'horizon 2050 dans une fourchette de 72 à 115 milliards d'euros".

A l'heure des concertations sur la ré­forme des retraites, une telle annonce a effectivement enflammé le débat, constate Le Monde (page 10). Du côté du Parti communiste on parle d'"enfumage", chez Lutte ouvrière on évoque un "flot de mensonges", au Parti de gauche on déplore une "campagne d'affolement et de conditionnement". Au Parti socialiste, enfin, Martine Aubry redoute que de tels résultats soient "instrumentalisés par le gouvernement". De fait, note La Tribune, "le gouvernement a souligné mercredi à quel point les projections du Cor démontraient ”l'urgence” de la réforme à mener". Aussi, la majorité fait-elle "bloc contre ces critiques", constatent Les Echos (page 2).

La première secrétaire du PS prévient néanmoins qu'elle défendra le maintien de l'âge du départ à la retraite à 60 ans. Pour elle, ajoute le quotidien économique, "si l'âge légal était repoussé à 62, 63 ou 65 ans, comme le préconisent l'UMP et le Medef, des centaines de milliers de personnes qui ont commencé à travailler très jeunes seraient contraintes de faire 44, 45, 48 années de travail".
Frédéric Lavignette