RSA : les départements asphyxiés par les dépenses sociales

Vendredi, le Conseil départemental du Haut-Rhin a voté à la quasi-unanimité le conditionnement du versement du revenu de solidarité active (RSA) à sept heures de bénévolat par semaine. Ainsi, indique Le Parisien/Aujourd'hui du 7 février 2016 (page 8), les 20.000 bénéficiaires du RSA-socle du département alsacien devront justifier de tâches au sein d'associations culturelles, sportives ou autres, s'ils veulent percevoir cette aide, versée par les départements et en partie compensée par l'Etat. Pour prouver qu'ils auront bien effectué ces heures, une attestation leur sera réclamée tous les trois mois, ajoutent Les Echos (page 2).

A raison de 524,16 euros versés mensuellement pour chaque bénéficiaire, 786,24 euros pour un couple et 1.100, 74 euros pour un couple avec enfant, le département du Haut-Rhin dépense chaque année 100 millions d'euros pour cette aide. Si cette mise sous condition tendait à se répandre partout ailleurs en France, ce sont 1,6 million d'allocataires du RSA-socle qui pourraient, à terme, être concernés par la mesure, observe le quotidien.

"C'est une première en France", souligne Le Parisien/Aujourd'hui. Alors que l'association ATD-Quart monde dénonce cette mesure, qui "empêchera les chômeurs de chercher du travail", le président (LR) du département, Eric Straumann, se justifie en déclarant qu'au contraire, elle est un moyen de "mettre le pied à l'étrier aux gens, pour qu'ils se resocialisent et sortent de l'isolement".

L'argument part d'un bon sentiment mais dissimule certainement autre chose. Car actuellement, écrit Le Figaro (page 22), se développe une fronde dans les départements "du fait de l'envolée phénoménale des dépenses sociales".

En effet, outre le RSA, ceux-ci garantissent aussi la prise en charge de l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes âgées dépendantes (APA), et la prestation de compensation du handicap (PCH). Soit un coût total de 17 milliards d'euros, autrement dit 30% du budget de leur fonctionnement et la moitié de leur enveloppe dédiée au social.

La facture du RSA a bondi de 9% chaque année entre 2012 et 2014. Et pour cause : le chômage n'a cessé de croître depuis 2008 et le RSA a été revalorisé de 2% par an sur cinq ans. Quant à la part de l'Etat, elle a, au contraire, reculé : elle s'élevait à moins de 60% l'an dernier, contre 90% en 2009, souligne Le Figaro.

Du coup, prévient le quotidien, les négociations des départements avec l'Etat sur le financement du RSA se déroulent sous haute tension, et la réunion prévue le 25 février avec le Premier ministre, Manuel Valls, pourrait s'avérer tendue. Ce qui est plutôt risqué à l'approche des élections présidentielles.

 

A lire aussi – Des médecins libéraux aux 35 heures

Un nouveau mouvement semble s'étendre chez les médecins libéraux, constate Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). Parti de Bretagne, il commence à être adopté par les praticiens d'autres départements qui souhaitent, eux aussi, voir le tarif de leur consultation grimper.

Médecin généraliste dans le Morbihan, Ivane Audo en explique le fonctionnement : "Depuis les mouvements de grève et de manifestations de l'an dernier, explique-t-elle, on entend dire que les médecins libéraux seraient, en fait, des salariés de la Sécurité sociale. Si c'est le cas, alors passons aux horaires Sécu : 9 heures-17 heures. Au-delà, poursuit-elle, on passe en heures supplémentaires. Nous pouvons alors facturer un dépassement pour exigence du patient (DE)."

Avec la mise en place de la semaine de 35 heures pour les médecins, écrit le quotidien, "la consultation à 23 euros passe alors de 26 à 33 euros (sauf CMU et AME), selon la complexité des cas". Un procédé légal, indique le docteur Audo, puisque "le DE figure dans la convention médicale. Et il est remboursé par les complémentaires".

La plupart de ces médecins frondeurs plaident pour une suppression de toutes les primes qu'ils touchent en échange, d'une consultation "à 40 euros, remboursée aussi et obligatoirement par les complémentaires santé". "De quoi alimenter la grande conférence sociale" du 11 février 2016, conclut Le Parisien/Aujourd'hui.

En bref

Social

"Assurance-chômage : début de négociation le 22 février." La renégociation de la convention d’assurance-chômage débutera bien le 22 février 2016. Selon Éric Aubin, le négociateur de la CGT, elle servira à définir "la méthode, le programme, le calendrier" et à entendre les "déclarations politiques des organisations" syndicales et patronales. L’actuelle convention, entrée en vigueur le 1er juillet 2014, arrive à échéance le 30 juin 2016. Le Figaro de samedi 6 février page 22.

Santé

"Zika: le don de sang restreint." Tout voyageur revenant d'une zone où le virus Zika sévit, ne pourra donner son sang. C'est ce qu'a annoncé la ministre de la Santé, Marisol Touraine, hier, alors que le virus propagé par le moustique-tigre touche désormais la Guadeloupe, où 17 cas ont été détectés. En métropole, 18 cas ont été dénombrés. Le Parisien/Aujourd'hui page 12 et Les Echos page 14.

"L'aiguille qui détecte les cancers. Comment ça marche ?" Une start-up française a mis au point un procédé qui permet de savoir si un nodule repéré dans le corps par imagerie médicale est cancéreux ou pas. Comparable à une sonde, le dispositif se présente comme une aiguille qui émet un trait de lumière inoffensif et n'injecte aucun produit. Il permet notamment d'éviter les biopsies. Le Parisien/Aujourd'hui page 11.

Et aussi

- A quel régime doivent être affiliés les salariés de l'économie collaborative, et particulièrement ceux des plateformes ? Les Echos page 4.

- Les propos tenus par Nicolas Sarkozy, le 4 février 2016, selon lesquels la mise en place du paquet de cigarettes neutre est une attaque contre "nos terroirs", ont suscité de vives protestations. Le Parisien/Aujourd'hui de samedi 6 février page 12.

- Un collectif d'étudiants en médecine des facultés Paris V et Paris VII vient de publier un livret pour sensibiliser les futurs soignants à l'importance de se prémunir de l'influence des laboratoires pharmaceutiques. Le Parisien/Aujourd'hui de samedi 6 février page 12.

- Comment éviter l'attaque des virus. Le Parisien/Aujourd'hui page 12.