Réforme du Code du travail : les syndicats dans l’attente

En l'état, le projet de réforme du Code du travail est loin de satisfaire les syndicats. Pour autant, à l'issue d'une réunion qui s'est tenue hier, aucun consensus d'opposition n'a été unanimement adopté. Deux camps apparaissent, explique Libération (pages 18 et 19). D'un côté, la CFDT, la CGC, la CFTC, la Fage (étudiants) et l'Unsa ont signé "un communiqué demandant à l'exécutif de revenir sur de nombreux points de sa réforme". De l'autre, la CGT, FO, FSU, Unef et UNL exigent purement et simplement le retrait du projet de loi El Khomri.

A la suite de cette réunion à laquelle n'a pas participé Solidaires, précise le quotidien, les non-signataires se sont retrouvés au siège de la CGT afin de discuter des journées d'action fixées au 9 mars et au 31 mars si le gouvernement n'a pas réagi d'ici là. Pendant ce temps-là, "les réformistes déjeunaient ensemble pour évoquer leur propre mobilisation prévue pour le 12 mars, faite de réunions et de rassemblements".

Cette dissension syndicale ne doit pas déplaire au gouvernement. Elle lui permet "à l'aube d'une semaine à haut risque", remarque Le Parisien/Aujourd'hui (page 4), de "souffler un peu". Mais aussi de s'imaginer que le conflit ne sera pas général, qu'une porte est encore ouverte sur une négociation, même à minima.

Le bloc des réformistes a pour sa part dressé "une liste de contre-propositions, indique le quotidien. "Ils réclament notamment le retrait de l'article plafonnant les indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la réécriture de celui définissant les conditions de licenciement économique et le retrait du texte de toute décision unilatérale de l'employeur."

Ils présenteront leurs revendications au gouvernement entre lundi et mercredi, lorsqu'ils seront reçus à Matignon, au même titre que les organisations patronales. De fait, annonce Libération, on devrait connaître d'ici à dix jours "les concessions que l’exécutif est prêt à faire aux réformistes afin de briser définitivement ce qu'il reste du front syndical".

Faute d'obtenir satisfaction, précise L'Humanité (page 4), les organisations syndicales prêtes à négocier avec le gouvernement n'excluent pas de rejoindre la mobilisation fin mars. Ce qui serait très pénalisant pour l'exécutif, surtout que selon un sondage publié par Les Echos (page 3), seules 18% des personnes interrogées soutiennent la réforme dans son texte actuel.

En bref

Social

  • "Généralisation du tiers payant, des enjeux techniques… et politiques." Les contours techniques de la généralisation du tiers payant se précisent, avec des évolutions à prévoir pour les praticiens et les complémentaires santé. L'Argus de l'assurance pages 14 à 19.
  • "Le ministère de la Famille rebaptisé." Le ministère de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes, dont l'intitulé avait été critiqué par les associations féministes, se voit remplacé par le ministère des Familles. Créé lors du remaniement du 11 février, la charge de ce ministère a été confiée à Laurence Rossignol, figure du féminisme au PS. Les Echos page 2.
  • "Le taux de chômage en léger recul en 2015." L'Insee a annoncé mercredi un léger repli du taux de chômage en 2015. Celui-ci est retombé, fin décembre, à 10% en métropole. Mais ce léger fléchissement de la courbe ne correspond pas aux données de Pôle emploi, où le nombre de chômeurs est en augmentation de + 90.000. Les Echos page 3, Le Parisien/Aujourd'hui page 6 et Le Figaro pages 18 et 19.
  • "Les hôpitaux demandent un geste pour les soins de longue durée et la psychiatrie." Alors que les tarifs 2016 des établissements de santé tardent à être arbitrés, les hospitaliers ne se font guère d'illusions sur les sacrifices à venir, après une baisse des tarifs de 1% dans le public et de 2,5% dans le privé en 2015. De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) voudrait sauvegarder deux enveloppes dans son périmètre : celle relevant des soins de longue durée et de la psychiatrie et celle des "missions de service public". Les Echos page 4.
  • "Les cliniques renoncent à créer 5.000 emplois." La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) dénonce la "reprise" par le gouvernement des allégements de charges prévus par le pacte de responsabilité via une nouvelle baisse de tarifs, ce qui, selon elle, devrait aboutir au renoncement de la création de 5.000 emplois dans les cliniques. Le Figaro page 20.

Et aussi

  • Un Français sur deux se sent agressé par le bruit au travail ou dans les transports : 90 % d'entre eux estiment que le bruit a des effets directs sur la santé. Les Echos page 12.
  • Sanofi Pasteur va entamer au printemps des essais précliniques sur l'animal d'un possible vaccin contre le virus Zika. Les Echos page 13.
  • Après s'être imposée en médecine pour les matériaux inertes tels que les os, l'impression en relief se penche sérieusement sur la possibilité de reconstruire les tissus vivants comme les organes. Le Figaro page 10.
Frédéric Lavignette

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