MGEN : un livre pour mieux vivre ensemble

De gauche à droite, Lilian Thuram, ancien footballeur international, Catherine Jacquet, directrice générale de l'association Les petits citoyens, Vincent Cespedes, philosophe, Philippe Héraclès, PDG des éditions Le Cherche midi, et Thierry Beaudet, président du groupe MGEN. En médaillon : Plantu, dessinateur de presse.

Le groupe MGEN a présenté le 10 février 2016 le livre Les mots (et les actes) pour vivre ensemble (éditions Le Cherche midi). Cet ouvrage collectif rappelle les valeurs de la société française à travers les contributions de personnalités et d'actions concrètes auprès des jeunes.

"Etre mutualiste, c'est être engagé !" : c'est ainsi que le président du groupe MGEN, Thierry Beaudet, a présenté le 10 février 2016, à Paris, le livre "Les mots (et les actes) pour vivre ensemble". Réalisé sous sa direction, cet ouvrage collectif est édité par Le Cherche midi. Le projet a germé après l'émotion des attentats de janvier et novembre 2015.

Ce livre permet de poursuivre le débat à travers une pluralité de points de vue sur la liberté, la mixité sociale, les discriminations, les symboles de la République, l'école ou encore la laïcité. Pas moins de 25 personnalités ont contribué à cette réflexion : dessinateurs, sociologues, philosophes, historiens, écrivains, acteurs de l'éducation nationale, etc.

L'idée du vivre ensemble, l'idée de faire société, c'est ce qui nous anime. C'est dans nos gènes !

La participation de la MGEN est apparue évidente. Cet organisme mutualiste incarne en effet l'attachement à "l'école, l'éducation, l'instruction et la laïcité", a rappelé Thierry Beaudet. "L'idée du vivre ensemble, l'idée de faire société, c'est ce qui nous anime. C'est dans nos gènes !", a-t-il lancé.

Des collégiens sur France Inter

Au-delà des mots, ce livre s'attache à présenter des initiatives concrètes pour mieux vivre ensemble. Ainsi, à l'été 2016, les chroniques citoyennes de France Inter, intitulées Interclass', accueilleront des collégiens de 4e et 3e. Pour la plupart issus de banlieue, ces jeunes réaliseront une vingtaine de reportages. Plusieurs thématiques seront proposées, notamment l'amour, la place de la femme, les quartiers et les territoires. Tout en apprenant les uns des autres, ces jeunes pourront renouer la confiance avec la presse.

Nous développons des outils pédagogiques et des contenus médias pour des animations dans les structures éducatives.

Autre exemple : l'action de l'association Les petits citoyens. "Nous développons des outils pédagogiques et des contenus médias pour des animations dans les structures éducatives, que ce soit les écoles, les accueils de loisirs ou les centres sociaux", a expliqué à cette occasion sa directrice générale, Catherine Jacquet.

"Nous essayons d'éveiller les consciences naissantes puisque nous touchons les enfants de 7 à 11 ans. C'est une tranche d'âge pleine de vie et qui a plein de choses à dire", a-t-elle ajouté. Laïcité, respect ou égalité fille-garçon font partie des sujets abordés.

"On ne naît pas raciste, on le devient"

"Le vivre ensemble dans la dignité est un enjeu qui doit trouver sa traduction dans des actions concrètes", a insisté Vincent Cespedes. Pour ce philosophe et essayiste, il faut impérativement écouter les jeunes et restaurer la culture du débat à l'école, véritable vecteur de tolérance. "C'est un magnifique terrain de jeu pour apprendre l'exercice de la démocratie !"

Un avis largement partagé par le dessinateur Plantu et l'ancien joueur de football, Lilian Thuram, qui interviennent régulièrement auprès des jeunes. Plantu utilise le dessin pour "libérer la parole" des enfants. "Notre démocratie chancelante ne réglera ses comptes qu'en passant par les écoles", estime-t-il.

Et de poursuivre : "Dans une époque où beaucoup de gens essayent de créer des fractures entre notre culture et d'autres cultures, on essaie, avec des dessinateurs chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques, athées, de faire des conversations sous forme graphique."

S'il y a un rejet de certaines personnes, la société devient plus compliquée à vivre

La contribution de Lilian Thuram à ce livre porte justement sur le respect de l'autre. Elle s'intitule "On ne naît pas raciste, on le devient". "S'il y a un rejet de certaines personnes, la société devient plus compliquée à vivre", déplore-t-il. Lui aussi défend la discussion, dès l'enfance, pour faire avancer la notion du vivre ensemble.

Pour accompagner ces engagements exemplaires, les pouvoirs publics ont un rôle de taille à jouer. Il faut s'attaquer aux inégalités sociales qui s'accentuent, en particulier à l'école. "Pourquoi y a-t-il zéro mixité sociale dans certains quartiers ? C'est ça le vrai problème", conclut Lilian Thuram.

Pour en savoir +

Le livre Les mots (et les actes) pour vivre ensemble (paru aux éditions Le Cherche midi). Les mots (et les actes) pour vivre ensemble, ouvrage collectif, aux éditions Le Cherche midi. 159 pages. 24 € version papier. 18,99 € version numérique.

 

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)