Les inégalités d’accès aux soins jugées «les moins acceptables»

Les Comptes nationaux de la santé 2014 présentés le 15 septembre comportent une étude intitulée « Accessibilité des soins et assurance maladie : qu’en pensent les Français ? ». Les inégalités d’accès aux soins sont « les moins acceptables » pour près d’une personne sur quatre.

"De plus en plus nombreux, près d’un quart des Français considèrent les inégalités d’accès aux soins comme les moins acceptables de toutes" bien que "seulement 8 % d’entre eux les considèrent comme les plus répandues", montre une analyse intitulée "Accessibilité des soins et assurance maladie : qu’en pensent les Français ?". Cet éclairage, qui reprend des données du baromètre d’opinion de la Drees, figure dans le dernier rapport sur les Comptes nationaux de la santé 2014 présenté le 15 septembre.

La population place en deuxième position des inégalités les moins acceptables, celles liées à l’origine ethnique (21%), devant les inégalités de revenu jugées les plus fréquentes, de logement ou d’emploi.

Aujourd’hui, le "caractère solidaire et distributif de l’assurance maladie obligatoire n’empêche pas l’existence d’inégalités d’accès aux soins", constate cette étude. Le renoncement aux soins pour raisons financières chez les plus précaires illustre ce phénomène, à l’instar des chômeurs qui seraient "une fois et demie plus souvent [concernés] que les actifs occupés".

Universalité en baisse

Par ailleurs, si 76% des personnes estiment que tout le monde peut être soigné quel que soit son revenu ou son lieu d’habitation (72%), "plus de la moitié des Français considèrent que les inégalités de qualité des soins restent importantes".

En cohérence avec ces résultats, 69% de la population affirme que l’assurance maladie doit "bénéficier à tous, sans distinction de catégorie sociale et de statut professionnel". Les défenseurs du principe d’universalité sont néanmoins en perte de vitesse, avec une diminution de 9 points par rapport à 2013.

Pour réduire le déficit de l’assurance maladie, les assurés refusent d’amoindrir la prise en charge des maladies chroniques, puisque seulement 15% y seraient favorables. Ils privilégient plutôt les mesures visant les médecins, notamment la limitation de leurs tarifs et prescriptions, ainsi que le développement des génériques.

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L'étude

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)