La loi Travail toujours aussi impopulaire

Le projet de loi réformant le Code du travail, toujours contesté par une partie de l'opinion, sera examiné le 4 avril en commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, puis en séance publique par les députés début mai.

Avec quinze jours de retard sur le programme prévu pour cause de modifications suite à des mouvements de protestation, le projet de réforme du Code du travail est examiné ce jeudi 24 mars en Conseil des ministres. Or, malgré les rectifications apportées, le texte continue d'être désapprouvé par une grande majorité des Français.

"Plusieurs mesures symboliques d'inspiration libérale" ont disparu du projet de loi de Myriam El Khomri, indique Le Figaro. Notamment, le barème plafonnant les indemnités prud'homales versées en cas de licenciement abusif, qui n'est plus imposé à 15 mois mais seulement à titre indicatif, ou encore "la possibilité pour les patrons de PME de passer un salarié au forfait jour avec son simple accord". La mesure concernant la hausse du temps de travail des apprentis sans autorisation préalable des services de l'Etat a également été changée.

Cependant, l'essentiel des autres points du texte demeure. "Tant pis pour les partisans de son retrait", écrivent Les Echos. Ceux-ci sont encore nombreux et ils comptent bien le faire savoir. A commencer par les étudiants, futurs concernés par le projet, qui manifesteront aujourd'hui dans plusieurs villes de France aux côtés de salariés. Près de 80 rassemblements, listés par L'Humanité, sont annoncés dans l'Hexagone, avant la grande mobilisation du 31 mars. Un nombre important tout comme celui des signataires de la pétition en ligne qui, hier soir à 18h30, atteignait les 1.276.260.

Pour reprendre le titre de Libération, la loi Travail suscite donc "un rejet constant". Et le sondage commandé à Viavoice par le quotidien ne fait que le confirmer. "Qu’importe les concessions du gouvernement, 58% des Français rejettent toujours la loi El Khomri", conclut Libération à l'aune des résultats obtenus auprès des 1.002 personnes. Sur ce nombre, les sympathisants de gauche sont les plus remontés, observe le journal puisque 63% sont opposés au texte, et 66% sont "pro-manifs."

Le sondage commandé par Le Parisien/Aujourd'hui en partenariat avec France Info rend compte de résultats plus sévères encore pour le projet de loi gouvernemental : 71% des personnes interrogées par Odoxa s'opposent au texte. Là encore, les sympathisants de gauche y sont très hostiles (70%), tout comme ceux du Front national (83%). "Mais même dans les rangs des électeurs de droite, ajoute le journal, ce texte ne rallie pas les suffrages (55% des sondés sont contre)."

Ce "nouveau départ" du texte, pour reprendre l'expression de Manuel Valls, a par conséquent déjà du plomb dans l'aile. Il n'empêche, écrivent Les Echos, le Premier ministre "martèle son ambition de voir le texte adopté dès cet été." D'où un agenda serré : "Mardi prochain, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, sera auditionnée par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée." Le texte sera ensuite examiné le 4 avril par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée puis, les jours suivants, par la commission des Affaires sociales. Il sera débattu en séance publique début mai par les députés et en juin par le Sénat.

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Frédéric Lavignette

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