E-santé : essor difficile en France

Contrairement à d'autres pays tels que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon ou encore la Corée du Sud, l'e-santé est à la peine en France. C'est ce qui ressort de l'étude menée par le Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques (Pipame) qui doit être dévoilée aujourd'hui, et dont rendent déjà compte Les Echos (page 4).

Malgré l'aide de 340 millions d'euros allouée par le gouvernement aux start-up de ce secteur, la France fait en effet partie des pays "moyennement avancés", estime le document qui sera présenté lors des Rendez-vous de l'e-santé du syndicat des industriels du dispositif médical (Snitem).

Malgré l'aide de 340 millions d'euros allouée par le gouvernement aux start-up de ce secteur, la France fait en effet partie des pays moyennement avancés, estime le document qui sera présenté lors des Rendez-vous de l'e-santé du syndicat des industriels du dispositif médical (Snitem).

Certes, son système de santé est exemplaire, ses start-up dynamiques, mais "les "petits poucets" n'ont pas grandi et les expérimentations n'ont pas évolué", rapporte le quotidien. D'où ce "fossé entre les ambitions et la réalité".

Ce marché français de l'e-santé a représenté pourtant 2,7 milliards d'euros en 2014, soit 28.000 à 38.000 emplois. Dans le détail, observent les auteurs du rapport, "les spécialistes des systèmes d'information se taillent la part du lion : 2,36 milliards d'euros.

Les 340 millions d'euros restants proviennent de la télésanté : prise de rendez-vous sur Internet (Doctolib), communautés de patients (Carenity), objets connectés (Withings)… Pour ce qui est à proprement parler de la télémédecine (consultations à distance, dispositifs médicaux communicants), le marché s'élève à 140 millions d'euros et 40% des nouveaux appareils de mesure référencés sur le marché sont le fait de start-up françaises.

Si la France est en retard, c'est parce que le choix de la transition numérique n'est pas totalement assumé et cela transparaît dans les hésitations apparentes de la décision politique depuis dix ans.

Au final, si la France est en retard, observe le rapport, c'est parce que "le choix de la transition numérique n'est pas totalement assumé et cela transparaît dans les hésitations apparentes de la décision politique depuis dix ans". Pour le comprendre, il n'y a qu'à se souvenir de l'échec de la mise en place du dossier médical personnel (DMP) dont le lancement "a subi les aléas de pilotage et de soutien politiques".

Pour faire de l'e-santé un secteur porteur, il est donc nécessaire de lever un certain nombre de freins, conclut le rapport, particulièrement en télémédecine et surtout, rapportent Les Echos, "définir rapidement une feuille de route gouvernementale sur la santé numérique".

 

A lire aussi – MutRé cède 55% de son capital

Le tour de table de MutRé, deuxième réassureur de personnes en France, est en pleine recomposition. Selon Les Echos (page 31), citant La Lettre de l'assurance, "au moins 55% du capital de MutRé pourrait ainsi être mis sur le marché par la Matmut (33,3%), la FNMF (18%) et de grandes mutuelles".

MutRé est actuellement "détenu à parts égales par Scor, la Matmut et un bloc de 14 actionnaires issus de la Mutualité", rappelle le quotidien économique. Son chiffre d'affaires est de 364 millions d'euros pour un résultat net de 1,3 million d'euros. "Cette société créée en 1998, à l'initiative de la Mutualité Française, détenait en particulier 58% de parts de marché en santé", écrivent Les Echos.

Mais, depuis, "le paysage mutualiste a beaucoup évolué, les besoins en réassurance aussi", remarque Daniel Havis. Selon le président de la Matmut, la croissance de MutRé "ne peut aujourd'hui guère se faire qu'en allant sur le terrain de l'un de ses actionnaires", en l'occurrence Scor. Néanmoins, observe-t-il, "c'est une entreprise bien capitalisée et bien positionnée sur son marché. Elle peut donc servir à quelqu'un qui saura l'intégrer pleinement dans sa stratégie".

En bref

Social

  • "RSA contre bénévolat : le gouvernement dit non." La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, s'est opposée hier à la décision du conseil général du Haut-Rhin de conditionner le versement du RSA à l'exercice de 7 heures hebdomadaires de travail bénévole dans le secteur associatif. Elle a rappelé que le RSA est une prestation en regard de laquelle des obligations sont déjà attendues, comme de faire des démarches pour trouver un logement, se soigner, trouver une formation, rechercher du travail ou suivre des actions d'insertion. Le Parisien/Aujourd'hui page 7, La Croix page 7 et Libération pages 16-17.
  • "Travailleurs pauvres : la prime d'activité fait recette." Un mois après sa création, la prime d'activité a déjà été demandée par près de la moitié des personnes qui y ont droit a indiqué, hier, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. L'objectif était d'y parvenir fin 2016, mais il pourrait être dépassé courant février. Le montant moyen s'élève à 170 euros par foyer. La ministre a également annoncé que les retardataires avaient jusqu'à fin mars pour demander cette prime avec effet rétroactif sur trois mois. Les Echos page 2.
  • "Compte personnel d'activité : une "position commune"." La négociation sur le compte personnel d'activité (CPA) progresse, et, à en croire les partenaires sociaux, il ne resterait plus qu'à le valider. En effet, ils sont parvenus, le 8 février 2016, à une "position commune" non sans difficultés. Ce dispositif vise à rattacher tout ou partie des droits sociaux du travailleur (formation, pénibilité, etc.) à la personne et non plus à son statut (salarié, chômeur, etc.), afin de sécuriser son parcours professionnel. Les Echos page 2.

Santé

  • "Greffe de rein : bagarre autour d'un antirejet." Jugé plus efficace par les patients, les médecins et les laboratoires, le belatacept est un traitement antirejet que les autorités sanitaires refusent de rembourser, contrairement au ciclosporine qui est pourtant plus toxique. Une récente étude montre que l’administration du belatacept réduit de 43% le risque de décès du patient ou de perte de l’organe greffé par rapport à l'autre traitement plus ancien. Le Figaro page 9.
  • "Le jumeau-boom des années 2000." Selon une étude, le nombre de jumeaux est en croissance depuis près de quarante ans, tout particulièrement dans les pays développés. Les grossesses gémellaires, qui représentent 2% des grossesses dans ces pays, ont doublé sur cette période, posant un problème de santé publique car il s'agit d'enfants fragiles qui réclament plus de soins, et dont la mortalité est plus élevée que les autres : 80% des jumeaux naissent de façon prématurée, et 40% très prématurément. Mais à peine annoncé, ce boom serait déjà en train de reculer. Le Parisien/Aujourd'hui page 9.

Et aussi

  • Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, considère que le rapport du député socialiste Pascal Terrasse sur la fiscalité des entreprises de l'économie collaborative, qui lui a été remis le 8 février 2016, "va dans le bon sens". Les Echos page 4, Le Figaro page 19 et La Croix page 17.
  • Un groupe d'experts a été constitué pour rechercher un vaccin contre le virus Zika, a annoncé hier l'Agence européenne du médicament. Le Parisien/Aujourd'hui page 9.
  • Boudée par les jeunes et de plus en plus encadrée, la profession de médecin est en plein mal-être. Le Figaro page 13.
  • Le coût des médicaments contre le cancer est-il vraiment justifié?, s'interroge La Croix page 4.
  • L'entrave à l'action des syndicats : une pratique courante pour le laboratoire Servier. La Croix page 16.
  • L'impact de la nouvelle loi sur la fin de vie. La Croix page 16.