Chômage : fort rebond en février

"Catastrophiques", "explosion", "montagnes russes" ou encore "effet yoyo" : les qualificatifs ne manquent pas dans la presse de ce vendredi 25 mars pour qualifier le rebond des chiffres du chômage communiqués, hier, par le ministère du travail et par Pôle emploi.

"Après avoir baissé au mois de janvier (– 27.900), écrit Libération, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A (sans aucune activité) a bondi en février (+ 38.400), pour atteindre le chiffre record de 3,59 millions (3,85 millions avec les Dom). Cela représente une progression de 1,1% sur un mois et de 2,5% sur un an. "Si l'on inclut les catégories B et C, c'est-à-dire celles liées à une activité réduite, le nombre de chômeurs atteint alors les 5,46 millions", poursuit le quotidien.

Cette situation, note Le Parisien/Aujourd'hui () est inégalée depuis 2013, mais elle était prévisible. Depuis février 2008, rares sont les périodes où le nombre de chômeurs baisse deux mois de suite. De fait, Pôle emploi "avait mis en garde le ministère du Travail, le prévenant du danger de commenter l'embellie de janvier dernier en donnant de faux espoirs." La ministre du Travail, Myriam El Khomri, s'était tout de même satisfaite de ces résultats signes, selon elle, d'une "confirmation de la tendance" à la baisse.

En réalité, la diminution du nombre de demandeurs d'emplois les deux premiers mois de l'année s'est expliquée par le fait qu'un nombre élevé d'entre eux avait été radié des listes pour "défaut d'actualisation".

Commentant les derniers chiffres du chômage, Myriam El Khomri a tenu à les "relativiser", rapporte Libération, en indiquant qu'ils s'inscrivent "dans le mouvement de hausses et de baisses observé depuis neuf mois, traduisant une reprise timide de l’activité économique".

Cette annonce tombe à un mauvais moment pour le gouvernement, observe de son côté Le Monde, puisqu'hier était présenté en Conseil des ministres le projet de loi Travail, "dont l'un des objectifs est précisément de s'attaquer aux causes structurelles du chômage." Au même moment, lycéens et étudiants défilaient contre ce texte, dont l'un des objectifs est de s'attaquer au chômage des jeunes. En février, les moins de 25 ans, sans aucune activité et en recherche d'emploi, ont été plus nombreux à s'inscrire à Pôle emploi (+ 0,5 %).

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Frédéric Lavignette

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