Cancer : menaces sur l’accès aux nouveaux traitements

"Combien de temps encore l'assurance maladie pourra-t-elle prendre en charge à 100% des médicaments innovants dont les prix s'envolent ?", interroge Le Parisien/Aujourd'hui (page 9) suite à l'appel des 110 cancérologues qui dénoncent le "coût d'abord croissant et maintenant exorbitant des innovations thérapeutiques dans le domaine du cancer", publié dans Le Figaro d'hier (page 16).

Parmi ces lanceurs d'alertes figurent notamment Dominique Maraninchi, ancien président de l'Institut national du cancer (Inca), Jean-Paul Vernant, auteur des recommandations du 3e Plan cancer, Thierry Philip (Institut Curie) et Alexander Eggermont (Institut Gustave-Roussy).

"Des menaces réelles pèsent sur l'équité d'accès des patients aux traitements innovants des cancers, comme sur la pérennité de notre système de santé solidaire", estiment les signataires, qui refusent de sélectionner les bénéficiaires des nouveaux traitements anticancéreux, comme cela se pratique déjà aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Face à ces menaces, ils proposent "de définir un juste prix pour les médicaments du cancer, basé sur les sommes investies par les industriels pour la recherche & le développement (R&D) du produit", auquel "s'ajouterait un retour sur investissement raisonnable" (Figaro du 15 mars, page 16).

"Or, aujourd'hui, de façon paradoxale, les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur R&D a diminué", observent ces experts. "Par ailleurs, ces nouveaux traitements bénéficient d'autorisation de mise sur le marché (AMM) très rapides, donc leur temps de développement est beaucoup plus court qu'auparavant", soulignent-ils. Enfin, ils préconisent de "rendre le système d'arbitrage des prix plus démocratique et transparent, en y associant, de façon structurelle, des représentants des patients et des professionnels".

John Sutton

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