Cancer : menace sur les nouveaux traitements

Si rien n’est entrepris pour maîtriser leur inflation, le coût mondial des médicaments contre le cancer représentera 155 milliards de dollars en 2020, soit un doublement du prix en six ans, prévient Libération (page 8). Un chiffre qui effraie le monde médical, d'autant que cette hausse des tarifs est, selon les oncologues américains et français, "injustifiée".

Pourtant, écrivent Les Echos (page 17) en cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, tout le monde devrait se réjouir de l'existence de nouvelles thérapies contre la maladie. En France, par exemple, elles permettent d'augmenter la durée de vie des malades. Mais ces traitements coûtent très cher.

Ce n'est pas tant la recherche et le développement qui augmentent les tarifs des nouvelles molécules, indique Libération. En effet, d'après le Pr Jean-Paul Vernant, cancérologue à la Pitié-Salpêtrière, "la recherche, c’est moins de 15% des budgets, le marketing représentant au moins le double".

Le problème viendrait d'abord de la logique "absurde" des grandes industries pharmaceutiques qui "justifient le prix proposé par le service rendu par leurs produits". Ensuite, poursuit le quotidien, le prix serait aussi "lié à la capacité de payer de celui qui achète. Pour dire simplement, plus le pays est riche, plus le patient peut payer pour quelques mois de vie en plus."

Dans ce contexte, préviennent Les Echos, "un prochain décret précisant les conditions de financement des anticancéreux à l'hôpital suscite l'inquiétude des industriels et des médecins". Pour une question d'enveloppe budgétaire, les autorités de santé ont en effet le projet de "resserrer les critères" qui permettent aux médicaments de figurer sur la "liste en sus", c'est-à-dire la liste qui permet à tous les patients de bénéficier des produits, en dépit de prix élevés.

Par "resserrer les critères", il faut comprendre l'éventuelle suppression des produits dont l'amélioration du service médical rendu (ASMR) n'atteint pas les niveaux I, II et III, autrement dit les niveaux majeur, important et modéré. "Seul problème, observent Les Echos : parmi les anticancéreux mis sur le marché depuis 2012, seuls 27% ont obtenu une ASMR I, II ou III."

 

A lire aussi – 30% des chômeurs ont déjà pensé au suicide

Près de 20% des Français ont déjà pensé sérieusement au suicide, dont 30% parmi les chômeurs. Tel est le principal constat qui se dégage une enquête sur l'impact de la crise économique sur le rapport des Français au suicide, réalisée par l'Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès. Autre fait inquiétant : "Ce mal se propage dangereusement." Interrogé par Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), l'un des auteurs de l'étude, le Pr Michel Debout, membre de l'Observatoire du suicide créé en 2013, en appelle donc "à une réaction de la société, des pouvoirs publics, des décideurs".

Pour les chômeurs, il préconise par exemple la mise en place d'une visite médicale "dans les deux mois qui suivent la perte de l'emploi." Il rappelle en effet que la perte d'un emploi, c'est aussi "la perte de la médecine qui va avec". S'il constate un état dépressif, "le médecin pourra proposer un accompagnement. Mais, surtout, il aura prévenu le chômeur des risques".

Parmi ces risques, si le chômage persiste, il y a celui de l'enlisement et de ses divers effets : par exemple, la tendance à l'addiction ou au repli sur soi. Toutes les enquêtes françaises et internationales démontrent le phénomène, ajoute Michel Debout. Or, "depuis vingt ans, on n'a rien fait pour la santé des chômeurs, des agriculteurs qui ferment leur exploitation, des artisans et des commerçants qui ferment leur boutique." Sans parler des "petits patrons, dont on parle moins, pourtant très concernés par ce risque suicidaire".

En bref

Social

  • "Nouvelle tentative de réforme de la carte hospitalière." Au 1er juillet, les 1.100 hôpitaux de France devront s'être affiliés à l'un des 150 groupements hospitaliers de territoire (GHT). Cette disposition de la loi santé n'oblige pas les établissements à fusionner car les regroupements ne seront pas dotés de la personnalité morale. Dans l'objectif de réaliser des économies; les GHT ont jusqu'en janvier 2018 pour mutualiser au moins quatre fonctions : les achats, le codage des actes médicaux, le système d'information et la formation. Les Echos page 5.

Santé

  • "La transmission sexuelle du virus Zika n’influera pas sur l’épidémie." La découverte d’un cas probable de transmission du virus Zika lors d’un rapport sexuel au Texas amplifie les craintes. Néanmoins, sa propagation par cette voie semble marginale, l'agent contaminant principal restant le moustique-tigre. Le Figaro page 11, Le Parisien/Aujourd'hui page 12.
  • "Plus de 500.000 cas de "gastro", la grippe s'installe." Plus de 500.000 personnes ont déjà été touchées en quatre semaines par l'épidémie de gastroentérite, tandis que la grippe se répand en parallèle sur le territoire. Selon l'estimation du réseau Sentinelles-Inserm, le taux de consultations pour syndromes grippaux est actuellement de 246 pour 100.000 habitants; Depuis le 1er novembre, 55 cas graves ont été admis en réanimation, dont 8 sont décédés. La majorité de ces malades, âgés en moyenne de 56 ans, avaient des facteurs de risque de complications. Douze étaient vaccinés. Le Parisien/Aujourd'hui page 13.

Et aussi

  • Baptisé Secours Expo, un salon consacré au secourisme s'ouvre aujourd'hui, Porte de Versailles à Paris (15e), jusqu' à samedi. Le Parisien/Aujourd'hui page 13.

 

Frédéric Lavignette

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