Adapter l’emploi au numérique

La numérisation progressive de l'économie appelle la mise en place de garde-fous, notamment pour la protection des travailleurs indépendants. A ce titre, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, pourrait inscrire, dans la prochaine réforme du droit du travail, quelques mesures allant dans ce sens. A moins que la tâche ne revienne au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, actuellement affairé à la rédaction d'un projet de loi sur "les nouvelles opportunités économiques" (Noé).

Selon Le Monde (page 7), l'arbitrage reste encore à finaliser, et la réflexion sur les effets du numérique se poursuit, qu'ils soient indésirables ou vertueux. Hier, Myriam El Khomri a reçu de Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique (CNNum), un rapport baptisé "Travail, emploi, numérique : les nouvelles trajectoires" destiné à anticiper ces effets. Dans ce document, indique L'Humanité (page III), vingt recommandations sont mises en avant. Même si elles sont parfois rédigées dans un "jargon risible", ironise le quotidien, citant "l'empouvoirement individuel" ou la construction de "métriques pour mesurer les effets d'activités vectrices d'externalités", elles n'en demeurent pas moins des "pistes intéressantes".

Réalisé à partir de cinquante auditions de sociologues, de juristes, d'économistes, d'associations, de collectivités, d'entreprises et de syndicats, le rapport observe qu'une transformation "systémique, exceptionnelle et rarement connue dans l'histoire de l'humanité" est actuellement en cours dans notre économie. Par exemple, grâce au travail à distance que permet Internet, le recours aux travailleurs indépendants se fait plus régulier, quitte à sacrifier certains postes fixes d'employés.

Il faut clarifier la situation des indépendants, estime le CNNum. En particulier de ceux qui travaillent via des plates-formes collaboratives (chauffeur Uber, livreur Deliveroo, etc.).

Il faut "clarifier la situation" des indépendants, estime justement le CNNum. En particulier de ceux qui travaillent via des plates-formes collaboratives (chauffeur Uber, livreur Deliveroo, etc.), indiquent Les Echos (page 5). Ce qui implique de "relier la notion de salariat non plus à la seule aune de la subordination juridique mais à celle de la dépendance économique", explique le quotidien. "On ne peut pas se contenter de leur donner le RSI, très peu protecteur, sinon on va produire une génération de précaires", estime Benoît Thieulin.

Le président du CNNum, ajoutent Les Echos, "met en garde contre la création d'un nouveau statut de travailleur indépendant à côté de celui d'autoentrepreneur, ce qui créerait selon lui de la complexité et des effets de seuils". Sans livrer de solutions, il préconise de passer par des "évolutions du droit commun" et affirme aux Echos qu'"à un moment, il faut obliger la plate-forme à contribuer à la protection de ces travailleurs".

"Promouvoir les parcours professionnels hybrides", en favorisant "le travail en temps partagé" et la pluriactivité, est une autre des pistes envisagées, souligne La Croix (page 20).

A lire aussi – Lycées : forte hausse de l'usage de drogues

D'après une note de la direction des études du ministère de l'Education nationale datée de décembre, la part de la consommation de stupéfiants a plus que doublé en trois ans dans les lycées. Elle est passée de 4% à 10% des incidents graves signalés en 2014-2015 dans le second degré.

"Les collèges et lycées publics ont signalé une moyenne de 12,4 incidents pour 1.000 élèves, un chiffre comparable à l'année précédente", explique Le Figaro (page 10). En tête de liste des incidents figurent les violences verbales, "qui comptent pour 42% des faits. Viennent ensuite les violences physiques (30%), surtout entre élèves".

Pour sa part, la consommation d'alcool est en légère hausse, et concerne 2,1% des incidents. Selon les déclarations des chefs d'établissements, "la consommation d'alcool ou de stupéfiants et le trafic sont les plus fréquents aux abords immédiats de l'établissement (30% des cas) et dans les internats (29% des cas)."

Au besoin, Le Figaro rappelle les chiffres publiés fin avril par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). En 2014, près d'un jeune sur deux de 17 ans avait déjà essayé le cannabis au moins une fois, contre 41,5% en 2011. Ils étaient 9,2% à faire état d'une consommation régulière, contre 6,5% trois ans plus tôt.

En bref

Social

– "Des prix mieux encadrés dans les maisons de retraite." Le gouvernement a signé deux décrets afin de renforcer la transparence des tarifs dans les maisons de retraite et d'encadrer leurs augmentations. Les résidents des maisons de retraite "bénéficieront désormais d'un socle commun de prestations, totalement garanties par l'État, et de tarifs alignés sur l'évolution de leur pouvoir d'achat", indique le gouvernement. L'un entre en vigueur dès maintenant, l'autre en juillet. Tous les prix proposés seront affichés courant 2016 sur le site www.pourlespersonnesagees.gouv.fr. La Croix page 9.

– "Le compte n'y est pas pour les femmes." Les femmes françaises ne profitent pas vraiment de la baisse de la TVA sur les protections périodiques. Jusqu'ici de 20%, celle-ci a été réduite à 5,5% le 1er janvier. Théoriquement, les étiquettes des tampons et serviettes présentés dans les rayons auraient donc dû afficher des réductions de 14,5% sur les prix de vente, or la baisse a été au mieux de 10 à 12%. Dans certains magasins les tarifs n'ont même pas été mis à jour, la faute, selon eux, à un manque d'instructions de la part de l'administration fiscale… Le Parisien/Aujourd'hui page 6.

Santé

– "Si un jumeau a un cancer, l'autre a plus de risques." Si un jumeau développe un cancer, le risque pour l'autre d'être également atteint d'une tumeur cancéreuse augmente de façon significative. C'est ce que montre une étude scandinave dont les résultats, publiés dans le Journal of the American Medical Association (Jama). Le Figaro page 11.

– "Des naissances déclenchées pas si anodines." L'association de patients Ciane (Collectif autour de la naissance) a recueilli le traumatisme et le sentiment de frustration qui subsistent chez certaines mères après le déclenchement de leur accouchement. Selon cette enquête publiée en décembre, 30% des femmes dont le travail a été provoqué de manière artificielle ont "mal" ou "très mal" vécu la naissance de leur enfant, contre 18% de celles qui ont accouché spontanément. Selon la dernière enquête de périnatalité de 2010, plus de 22% des naissances surviennent après un déclenchement, soit deux fois plus que trente ans auparavant. Le Figaro page 11.

Et aussi

– Près de trois semaines après le suicide du professeur Jean-Louis Megnien, cardiologue à l'hôpital Pompidou, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a présenté lundi un plan visant à "traiter les causes du mal" en misant notamment sur la prévention. La Croix page 7.

– Dans son livre paru hier, "Jamais assez maigre", une jeune mannequin raconte comment la dictature de la maigreur règne dans l'univers de la mode. Le Parisien/Aujourd'hui page 11.

Frédéric Lavignette

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