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Un plan d’économies pour l’hôpital

Dans quelques jours, les 2.694 hôpitaux français seront fixés sur leur sort pour 2015. Le gouvernement s'apprête à publier une circulaire détaillant un plan d'économies de 730 millions d'euros. Selon Les Echos (page 2), "les dépen­ses à l'hôpital ne devront pas dépasser 76,5 milliards d'euros, soit 2% de plus qu'en 2014, pour une évolution de 1,5 milliard d'euros". Or, l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) a été fixé à 2,3% pour l'hôpital dans la loi de financement 2014 de la Sécurité sociale.

Au menu de ce "plan de rigueur", selon l'expression du Figaro (page 20), on trouve le développement de la chirurgie ambulatoire, la baisse du nombre de lits en hospitalisation complète, la réduction de la durée moyenne de séjour des patients à l'hôpital et une action sur les prescriptions des médecins. Des mesures qui ne constituent "que le premier étage du plan d'économies 2015-2017, visant à économiser 3 milliards en trois ans".

Grâce à ces chantiers, les hôpitaux devraient pouvoir "limiter la hausse des coûts salariaux à 1,5% par an, en moyenne, d'ici à 2017". Ce ralentissement de la progression naturelle des dépenses salariales représente un effort de 860 millions d'euros et devrait, selon Le Figaro, se traduire par des suppressions de postes. Dans l'entourage de la ministre de la Santé, on considère au contraire que "l'évolution de 1,5% est compatible avec le maintien des effectifs".

Question revenus, observe Le Parisien/Aujourd'hui (page 8) à partir des résultats du baromètre des salaires de la santé réalisé par Appel médical, les 50.000 infirmiers que compte la France sont "les perdants" de l'année 2014. En particulier les infirmiers anesthésistes, qui ont vu leur rémunération baisser de 1,2 %. Par souci d'économie, de nombreux hôpitaux ont diminué le nombre de postes, si bien qu'on compte aujourd'hui 2 infirmiers pour 25 lits, alors qu'on en recensait 4 il y a encore quelques années.

Alors que la perspective de nouvelles mesures drastiques semble se dessiner pour l'ensemble du personnel hospitalier, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à contre-courant du mouvement, a fait le choix de l'embauche. En effet, rapportent Les Echos (page 3), l'AP-HP, qui compte un peu plus de 7.500 équivalents temps plein contractuels (dont 1.200 en CDI) sur un effectif non médical de 75.000 personnes, prévoit la titularisation de quelque 1.000 personnes d'ici à mars 2016. Cela concerne 700 agents de catégorie C, et près de 300 agents de catégorie B.

A lire aussi – Haro sur deux médicaments coûteux

Une circulaire du ministère de la Santé sur les tarifs hospitaliers a placé "deux anticancéreux dans son viseur", relève Le Figaro (page 20) : l'Avastin®, du laboratoire Roche, et l'Alimta®, fabriqué par Lilly.

"La première de ces deux molécules est très efficace dans le cadre de traitements innovants du cancer du côlon, et la seconde pour lutter contre certains types du cancer de la plèvre", indique le quotidien. Néanmoins, elles sont également toutes les deux utilisées contre certains autres cancers, sans résultats probants. Ce sont donc "ces prescriptions que le ministère veut diminuer et pas celles où ces molécules sont reconnues efficaces".

"Le ministère estime que ce type de prescriptions, réalisées aux dépens de médicaments moins coûteux et qui ne concerne pas que les deux médicaments visés cette année, coûtent au total 500 millions d'euros." Ces médicaments, ajoute Le Figaro, sont inscrits sur la "liste en sus" et sont donc financés à 100 % par la collectivité.

A elle seule, la facture de l'Avastin® s'élevait à plus de 300 millions d'euros en 2012. Celle de l'Alimta®, à plus de 130 millions. Selon un principe établi par le budget 2015 de la Sécu, les établissements vont devoir sensibiliser leurs médecins à de meilleures prescriptions afin de freiner la progression des dépenses liées à la "liste en sus". Ou sinon, à chaque fois que l'Avastin® ou l'Alimta® sera prescrit pour un soin de faible efficacité, les établissements verront leurs tarifs de séjours ou de séances de chimiothérapie réduits de 40 euros.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)