Sida : des tests de dépistage pour tous

La Haute Autorité de santé (HAS) vient d'établir de nouvelles recommandations pour le dépistage de l'infection par le VIH en France. Son but : proposer des tests à l'ensemble de la population, "de 15 à 70 ans, voire au-delà".

"Un test de dépistage pour l'ensemble de la population générale âgée de 15 à 70 ans, voire au-delà" : c'est la principale recommandation d'un récent rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) pour améliorer le dépistage de l'infection par le VIH en France.

Chaque année, on compte entre 6.000 et 7.000 nouvelles contaminations par le virus du sida dans notre pays. Et on estime à 40.000, le nombre de personnes infectées qui s'ignorent (sur un total de 160.000). Conséquence : "47% des sujets pour lesquels un diagnostic de sida a été porté présentaient un retard au diagnostic", explique la Haute Autorité de santé (HAS).

Le retard au dépistage concerne principalement les plus de 40 ans
En clair, près d'un diagnostic sur deux intervient à un stade avancé de la maladie, ce qui entraîne à la fois une perte de chances pour les malades et un risque important de transmission du virus. Ce retard au dépistage est particulièrement significatif chez les plus de 40 ans, chez les personnes d'origine étrangère et celles qui ont été contaminées par des rapports hétérosexuels.

Pour le moment, le dépistage du VIH reste principalement lié à une prise de risque. Si les recommandations de la HAS sont suivies par les autorités sanitaires, les tests pourront être proposés - mais jamais imposés – à l'ensemble de la population par de nombreux acteurs de santé. L'agence compte à la fois sur la mobilisation des professionnels de santé libéraux et hospitaliers. Exemple donné par le rapport : "Un test de dépistage peut être proposé à la population générale lors d'un recours aux soins hospitaliers, comme dans le cadre d'une prise en charge préopératoire."

Des tests réguliers pour certaines populations
"Le dépistage peut permettre l'instauration précoce d'un traitement antirétroviral", précise la HAS. Ce traitement précoce permet de réduire la morbidité et la mortalité chez les personnes infectées. "Il peut également favoriser la mise en œuvre d'une prise en charge précoce adaptée chez la femme enceinte séropositive" afin de réduire le risque de transmission au bébé. Enfin, signale l'agence, "le dépistage peut être utilisé comme un outil de prévention et favoriser le changement des attitudes et comportements".

Parallèlement, la HAS conseille un dépistage régulier pour certaines populations : les homosexuels masculins, les hétérosexuels ayant eu plus d'un partenaire sexuel au cours des douze derniers mois, les personnes se prostituant et celles dont les partenaires sexuels sont infectés par le VIH, les usagers de drogues injectables, les populations des départements français d'Amérique, les personnes originaires d'une zone où l'épidémie est importante, notamment l'Afrique subsaharienne et les Caraïbes.

Ghislaine Trabacchi