Santé des Français : une mortalité élevée chez les moins de 65 ans

En comparaison d’autres pays européens, la France a un niveau élevé de mortalité prématurée, dû notamment à une consommation excessive d’alcool et de tabac. C’est ce que révèle une récente étude consacrée au suivi des objectifs de santé publique.

En France, la mortalité des hommes avant l’âge de 65 ans est l’une des plus élevées d’Europe, hors nouveaux adhérents d’Europe centrale. C’est l’une des conclusions d’une récente étude intitulée L’état de santé de la population en France en 2008, menée par la direction de la Recherche, des Etudes de l’évaluation et des Statistiques (Drees) du ministère de la Santé. Ce rapport annuel, réalisé dans le cadre de la loi de santé publique du 9 août 2004, permet de fournir des indicateurs de suivi des objectifs de santé publique.

Selon la Drees, "l’état de santé de la population en France apparaît globalement bon mesuré à l’aune de l’espérance de vie qui est l’une des plus élevée au monde". Cette dernière est de 84,4 ans pour les femmes et de 77,5 ans pour les hommes. Mais, paradoxalement, la France présente un taux de mortalité prématurée – avant l’âge de 65 ans –, jugé "préoccupant" par les auteurs de cette étude. Ils insistent en particulier sur la mortalité prématurée "évitable", qui est près de deux fois supérieure à celle du Royaume-Uni. "On estime qu’environ un tiers des décès survenant avant l’âge de 65 ans pourraient être évités par une réduction des comportements à risque", observent-ils.

Doublement du cancer du poumon chez les femmes
La consommation excessive d’alcool est l’un des principaux facteurs de risque. Même si elle a baissé d’un peu plus de 10% entre 1999 et 2007, "la France fait toujours partie des pays de l’Union européenne les plus consommateurs d’alcool". Autre facteur de mortalité prématurée : le tabagisme. Entre 1990 et 2005, le taux de décès par cancer du poumon chez les femmes de moins de 65 ans a augmenté de 105% ! Comme l’indique l’étude, "les cancers constituent un problème majeur de santé publique chez les adultes". Première cause de mortalité pour l’ensemble de la population, ils sont responsables de quatre décès prématurés sur dix.

Plus globalement, ce document fait apparaître une augmentation du nombre de personnes atteintes de maladies chroniques, telles que les cancers, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. Principale explication avancée par la Drees : les progrès de la médecine, en termes de prévention, de traitements et de prises en charge, ont entraîné à la fois "une diminution de l’incidence et de la gravité des maladies infectieuses", et "une augmentation du nombre et de la durée de vie des malades souffrant de maladies chroniques".

Parallèlement, apparaissent "de nouvelles problématiques" liées à ces pathologies : prise en charge de la douleur, traitement des atteintes sensorielles, réflexion sur la qualité de vie… L’étude souligne toutefois l’insuffisance des outils d’observation statistiques "permettant d’apprécier le retentissement de ces maladies sur la qualité de vie". Ces nouveaux indicateurs, estime la Drees, "doivent être développés pour permettre de compléter le suivi des objectifs de santé publique".

Christophe de La Mure